13/01/2016

Orchestra ViVo ! La Marlagne

Jeudi 10 décembre, je pousse une pointe à La Marlagne. L’Orchestra ViVo!, emmené par Garrett List, s’y est installé pour une résidence artistique de trois jours (et trois nuits). C’est l'occasion pour cet orchestre atypique de travailler un tout nouveau répertoire qui succèdera à l’album sorti chez Igloo en 2014 déjà.

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Pas moins de 10 nouvelles pièces sont donc au programme ! On comprend que les journées furent bien remplies et les nuits bien courtes.

Sur les coups de 20 heures, dans la grande salle Hicter, l’orchestre prend place, et cela de façon on ne peut plus « littérale ». En effet, la musique et l’esprit ViVo! s’installent déjà tandis que les musiciens entrent les uns après les autres sur scène. Stefan Pougin bat déjà ses tambours, les artistes se saluent, s’embrassent, prennent leurs aises, accordent leurs instruments. Chacun prend ses marques et, imperceptiblement, la musique se concrétise sous nos yeux et commence à swinguer avec élégance et légèreté.

Ça tape des mains et des pieds. Ça bouscule les conventions. Ça fait évoluer les idées que l’on se fait habituellement des grandes formations. Oui, Orchestra ViVo!, c'est vraiment vivant.

Non seulement ça s’amuse, mais ça joue ! Et l’on remarque vite les arrangements sublimes entre les cordes et bois. Mine de rien, le travail est complexe et précis, mais les libertés sont énormes.

Des effluves de valse, de meringue ou de milonga se mélangent sur «Emergency Exit» tandis que l’orchestre travaille par grappes, par petits groupes, comme des petits îlots qui dérivent.... Et la musique circule.

La poésie, la littérature, la musique et toutes autres formes d’art ont leur place au sein de ce grand barnum. Aurélie Charneux chante, avec une pointe de cynisme, un long texte bourré de double sens sur la vie, l'amour et notre monde moderne.

Puis, on mélange le poème de Théophile Gauthier («Le Passage ») avec une musique inspirée de Hector Berlioz et écrite par Antoine Dawans. Un pur bijou.

Jean-François Folliez laisse serpenter sa clarinette sur la «Lagune» avant qu’Adrien Lambinet ne développe, fidèle à son style, une «Pièce Minute» minimaliste et légèrement déstructurée qui progresse par touches mystérieuses. On flirte peut-être avec Messiaen, Reich ou la musique concrète.

Et l’on bascule alors dans un autre univers. Les musiciens bougent et échangent presque leur place. On chante, on déclame, et «The Love Song» s’enchaîne à «R.E.S.P.E.C.T.». Chaque musicien à droit à son rayon de lumière : Marie-Eve Ronveaux ou Marine Horbaczewski aux violoncelles, Laure Peignault, Nicolas Draps ou Nathalie Huby aux violons, Antoine Dawans (tp), Johan Dupont (p) ou encore Laurent Meunier au sax, pour ne citer que quelques-uns.

Manu Louis, seul avec sa guitare, vient faire un clin d'œil à Kurt Weil avec son «My Life Is Riding To Strike». André Klenes (cb) rend hommage à Warhol et Lichtenstein («Blotted Lines And Benday Dots») avant que tout le monde ne se retrouve à «L’Hôtel Des Etrangers» (de Garrett List et Johan Dupont sur un texte de Blaise Cendras).

L’Orchestra ViVo! mélange les genres et s’amuse à faire bouger constamment les lignes. Il semble écarter les murs pour se donner de l’air et ne se refuse presque aucune limite. Et de cette musique savante et surprenante, mais toujours accessible, jaillit toujours une idée ou une histoire, tantôt sombre, tantôt optimiste, qui parle autant au cœur qu’à l’esprit.

Si l’on prendra certainement plaisir à écouter le prochain disque d’Orchestra ViVo!, il est certain que c’est aussi sur scène que ce projet fou prend toute son ampleur. Alors, à bon entendeur…

 

 

A+

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