10/10/2015

Rotem Sivan Trio au Bravo

Je ne connaissais pas vraiment le guitariste Rotem Sivan, mais en écoutant son disque A New Dance (son troisième déjà), quelque chose m’a chatouillé l’oreille. Je ne sais pas quoi au juste. Un son, un phrasé particulier, une interaction entre les musiciens, une façon singulière de délivrer les mélodies. Un coup d’œil sur son site et je m’aperçois qu’il joue en trio au Bravo, le 6 octobre, avec Haggai Cohen-Milo à la basse et Ferenc Nemeth (qui remplace pour l'occasion Colin Stranahan) à la batterie. Ça ne se refuse pas !

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Dans la salle, il y a pourtant peu de monde. Alors, on a tiré les rideaux noirs pour rendre l’endroit plus cosy et intime. Et ça va très bien avec la musique de Sivan.

Le trio est resserré, Rotem Sivan joue assis, face à la batterie, et le bassiste se coince entre eux.

« Yam », qui ouvre le concert tout en douceur, a des petits airs – légers, très légers - de bossa. Le morceau suivant est légèrement plus swinguant, un rien plus tranchant. Tout semble se jouer à l'économie, tout en finesse. Le jeu du batteur est extrêmement aérien. Ferenc Nemeth éparpille des rythmes soutenus dans des frappes ultra légères mais bien présentes. Ses baguettes et ses balais rebondissent avec souplesse. C’est un coloriste qui arrive, en deux coups secs, à évoquer tout un paysage.

Face à lui, le jeu de Rotem Sivan ne prend que plus de brillance. Si le guitariste s'inspire sans doute des grands anciens (les Jim Hall ou Joe Pass, par exemples) il y intègre cette énergie, très concentrée, de la scène new yorkaise actuelle. On perçoit également chez lui quelques inflexions classiques ou baroques dans l'approche. Il y a quelque chose de « naturel » dans le son et Rotem, qui évite le plus souvent la surenchère d'effets. Bien sûr, il s’aide parfois de pédales, comme sur une magnifique et surprenante version de « In Walked Bud ». Avec Haggai Cohen-Milo, il s’amuse surtout à jouer les contrepoints et à redoubler les accélérations. Le bassiste est extrêmement mélodique et très rythmique à la fois.

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« I Wish You Where Here » s’enfièvre rapidement, les échanges sont courts et précis. « New Dance » fluctue entre tarentelle et blues. «Angel Eyes » se fait plus intrigant que jamais. « One For Aba », à la fois tendre et nerveux, révèle quelques subtiles réminiscences du folklore juif. Le jeu est sautillant, parsemé de stop and go

On sent indéniablement, dans ce trio, une filiation avec les Avishai Cohen, Ziv Ravitz, Omer Avital ou encore Shai Maestro. On ressent à la fois cette urgence et cette énergie toute new yorkaise qui ne s'embarrasse pas de fioritures et, à la fois, plein de douceur.

En un seul et long set, le groupe a présenté la plupart des titres de son dernier album, très convainquant, et nous a donné envie d'en entendre plus.

Un trio à tenir à l’œil et un guitariste à suivre, très certainement.

 

 

A+

 

 

 

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