18/09/2015

Saint-Jazz-Ten-Noode 30 ans ! L'interview

Saint-Jazz-Ten-Noode fête ses 30 ans cette année !

Voilà qui mériterait bien un bon gros gâteau d’anniversaire !! … Ha non, Dimitri Demannez n’aime pas ça. Il préfère un bon gros plateau de bonnes musiques. Alors, avec Fanny De Marco, ils nous ont concocté une affiche plutôt appétissante.

On regarde ce qu'il y a au menu des trois jours (24, 25 et 26 septembre) avec Dimitri et Fanny ?

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Saint Jazz-Ten-Noode, c’était comment, il y a trente ans ?

Le festival a débuté sur une idée de mon père, Jean Demannez. Il a mis ça sur pied avec quelques amis, dont Pol Lenders, le célèbre patron du Pol’s Jazz Club. Celui-ci avait déjà essayé de faire un festival sur la Place Fernand Cocq, en face de son fameux Bierodrome, mais ça n’a pas trop bien marché. Comme il cherchait un autre lieu, mon père lui a proposé la place St-Josse.

Sous chapiteau ?

Au départ c’était un tout petit podium, en plein air. Mais, dès la deuxième année, ils ont pris une drache formidable et ils ont décidé de faire les éditions suivantes sous tente. Ce qui n’était pas toujours évident pour l’acoustique, mais le public était évidemment enchanté. Il y avait un côté très populaire, c’était la grande fiesta et c’était gratuit.

Mais cela a évolué au fil des années. Il y a eu différents lieux, il y a même eu une édition sur la Place Rogier.

Oui, c’était pour les vingt ans. C’était un plus gros podium qui était impossible à monter sur la place à St-Josse. On avait vu plus large cette année-là, pour marquer le coup. On avait invité Michel Jonasz, par exemple, mais aussi Thomas Dutronc, qui débutait à l’époque. Puis, on est revenu sur la place St-Josse. Mais cela a, en effet, un peu bougé. Quand la Jazz Station s’est créée, on a pris l’habitude d’organiser un concert là-bas. Par la suite, on a décidé de terminer le festival par des concerts à l’Orangerie du Botanique. Il y a trois ans, après les élections, cela est devenu un peu plus compliqué de collaborer avec la commune. Nous avions deux choix : soit arrêter, soit changer la formule. On a proposé au Botanique de collaborer ensemble. Ils étaient ravis d’accueillir du jazz, car cela diversifiait un peu leur offre plutôt centrée sur le rock, la pop ou la chanson française. Et puis là, au moins, on est libre.

Vous avez vu des évolutions, côté public ? Le festival draine-il de plus en plus de monde ?

C’est difficile à dire car au début c’était sous chapiteau et ouvert à tout le monde. Difficile de comptabiliser cela. Mais il y a toujours eu beaucoup de monde. Même depuis que la formule est devenue payante. Mais il faut dire que c’est franchement démocratique : entre 6 et 10 euros pour des têtes d’affiches comme celles que nous présentons, c’est cadeau.

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©Jean-Louis Neveu

 

Parlons de la programmation justement. Y a t-il un fil rouge ? Y avait-il une envie d’inviter les groupes qui ont marqués les éditions précédentes par exemple ? Faire un hommage, retrouver un peu de nostalgie ?

Au départ, nous étions parti dans cette optique. Mais il y avait des artistes que j’avais envie de programmer et qui n’étaient jamais venus, comme Dédé Ceccarelli, que je voulais inviter depuis longtemps, par exemple. Alors, on a un peu mélangé les artistes, en tentant de faire une chouette programmation qui tienne la route. Et on a cherché un thème par soirée. Le premier soir, le jeudi 24 à la Jazz Station, on a rassemblé des guitaristes. Il y a d’abord Lorenzo Di Maio, qui présente son tout nouveau projet personnel avec Jean-Paul Estiévenart, Nicola Andrioli, Cédric Raymond et Antoine Pierre. On est très heureux d’avoir l’exclusivité de cette première. Ensuite, il y a Hervé Samb qui présente son projet avec Reggie Washington, Olivier Temine et Sonny Troupé. Ce n’est pas rien ! Le vendredi 25, au Bota, on propose une soirée plus “jazz”, entre guillemets et le samedi 26, toujours au Bota, une soirée plus “groove”. Et cela se termine au Bravo pour une jam finale !

On passe en revue le menu de vendredi ?

Oui. Fabrice Alleman, qui n’était jamais venu au festival, lui non plus, et que l’on espérait depuis longtemps, viendra avec son quintette présenter Obviously, superbe album sorti en 2013 déjà, chez Igloo. Ensuite, il y aura Toine Thys en trio avec Antoine Pierre et Arno Krijger.

Et puis, ce jour-là il y a André Ceccarelli !

Que je voulais le programmer depuis longtemps. De plus, au studio-école de batterie dans lequel je travaille, l’un des profs ne cessait de me répéter que je devais absolument l’inviter. C’est d’ailleurs lui qui m’a donné les coordonnées d’André. J’ai donc appelé le batteur français en pensant devoir passer par des manager et, en fait, André est un type tellement simple, accessible et enthousiaste, que tout s’est arrangé très vite et très simplement. Il viendra avec Baptiste Trotignon et Thomas Barmerie ! Il n’a pas souvent l’occasion de venir jouer à Bruxelles. En plus, il a décidé de jouer un peu moins souvent en général, c’est pourquoi je suis vraiment très content et très fier qu’il vienne chez nous !

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©kwestion.be

 

Le samedi est donc plus accès groove et jazz fusion.

Il y a d’abord Brzzvl qui était venu il y a trois ou quatre ans et qui avait cartonné. Et cette fois-ci, ils reviennent avec Anthony Joseph. Ça va être terrible pour démarrer la soirée.

Oui, je les avais vu dernièrement à l’Epaulé Jeté, sans Anthony Joseph, et c’était vraiment costaud. De plus, l’album « Engines » est vraiment excellent. Revenons à la programmation de samedi, il y a Ourim Tourim, que je ne connais absolument pas.

Ça c’est le groupe que les gens vont découvrir ! Ce sera une belle surprise, je pense. Ils sont six et pratiquent un afro-jazz un peu soul. Je connaissais le bassiste Clive Govingen, qui a participé à certaines jams ici à Bruxelles et qui était déjà venu au Saint Jazz avec Jerry Leonid et Boris Tchango. Ourim Toumim est un tout nouveau groupe et nous sommes très emballé de le présenter cette année chez nous.

Puis Nicolas Kummert vient en quartette.

Il vient avec un projet inédit. C’est lui qui nous à proposé cette formule et on n’a pas longtemps hésité quand il nous a dit que c’était avec Nic Thys, Karl Jannuska et Lionel Loueke ! C’est quand même un guitariste très en vue à New York, et dans le monde entier d’ailleurs. Il joue régulièrement avec Herbie Hancock, Terence Blanchard, Gretchen Parlato, Avishai Cohen, Jef Ballard ou Robert Glasper... Ça va être fabuleux, j’en suis sûr !

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©nc

 

Et pour finir : Da Romeo. Et là on ne sait pas à quelle heure ça va se terminer !

On a un timing à respecter, même si ça risque de déborder, car il y a la jam finale au Bravo… et là, ça risque de se terminer très tard. Ou très tôt le matin, c’est selon. Donc, Da Romeo sera là avec Eric Legnini, Julien Tassin, Alex Tassel, Christophe Panzani et Arnaud Renaville. Ça va cogner. Et puis, pendant toute la durée du festival, le vendredi et samedi au Bota, il y aura la bourse aux disques qui sera accessible tout le temps, contrairement aux autres années où l’horaire était limité.

 

 

Voilà une superbe affiche de concerts évènements, qui mélange nouveaux projets et talents plus que confirmés.

C’est mieux qu’un gâteau, non ?

 

A+

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