26/08/2015

Playlist 02 - rentrée 2015 - Selection

Une playlist (et quelques mots) pour une rentrée réussie.

Voici une petite sélection des albums écoutés ces derniers temps.

 

 

Shades Of Blue de Harmen Fraanje (p), Brice Soniano (cb) et Toma Gouband (dm). C’est une certaine plénitude qui émane de cet album. Et en même temps, on y ressent parfois le tourment, le questionnement. Le piano de Harmen Fraanje semble hésiter avant de lâcher les indices d’une piste mélodique à découvrir. La contrebasse et la batterie battent la chamade. Les moments sont suspendus. Superbe album.

God At The Casino de Manu Hermia (saxes), Valentin Ceccaldi (violoncelle), Sylvain Darrifourcq (dm). Brûlant comme un alcool fort ! Un violoncelle qui ne se laisse pas faire, un sax parfois fou, un soupçon d’électro et un drumming hors normes. Et de l’humour dans une musique tantôt furieuse et abstraite, tantôt extatique.

Drop Your Plans de Bambi Pang Pang. Avec Andrew Cyrille aux drums, on pouvait s’attendre à un free jazz explosif. Il n’en est rien. Impros et compos se mêlent dans une étonnante douceur. Tout est pesé, soupesé… Et tout respire. La musique et les silences circulent entre Seppe Gebruers (p), Laurens Smet (cb) et Viktor Perdieus (as). Magnifique de bout en bout.

Cécile McLorin Salvant maîtrise avec une élégance rare la tradition du jazz vocal. Digne héritière de Sarah Vaughan, son dernier album (For One To Love) est un véritable bijou.

Revenons dans le puissant. Alive, de Gratitude Trio (Jereon Van Herzeele (ts), Louis Favre (dm) et Alfred Vilayleck (eb) ). Avec eux, on démarre là où Coltrane s’était arrêté. De la fougue, de la maitrise, de l’adrénaline et des sentiments. Des impros inspirées, une écoute parfaite et des dialogues forts. Un must.

A mi-chemin entre Miles électrique et le soul funk, la trompettiste américaine Ingrid Jensen, épaulée par Jason Miles et une pléiade de musiciens (Gene Lake, Cyro Baptista, James Genus, Jerry Brooks et autres) évoquent l’esprit du Prince des Ténèbres. Si ce n’est pas terriblement surprenant, c’est, en tout cas, extrêmement juste. Un délice.

Et Heptatomic de Eve Beuvens, bien sûr. La pianiste avait fait sensation lors du Gaume Jazz en 2013 avec sa carte blanche qui s’est transformée en véritable groupe. Les références ne manquent pas : Basie, Ornette, Mingus, Tristano et sans doute la musique européenne aussi. Mais tout ça est explosé par Laurent Blondiau, Manolo Cabras, Grégoire Tirtiaux et les autres. Formidable réussite.

Et puis, ce qui ne se trouve pas sur le lecteur mais qui vaut la peine d’être entendu :

Babelouze de Michel Massot et sa bande. Pavane de l’âne fou. Une fanfare blues et funky (genre brass), teintée de rythmes africains et pleine de bonne humeur. Euphonium, trombone, sousaphone, percus en tous genres, mais aussi des voix d’ensemble, semblent déambuler dans une ville imaginaire pour y faire la fête. Et ça marche !

 

Ner6ens from Erik Bogaerts on Vimeo.

 

Lampke de LIop. Ambiance électro acoustique. Mélanges de bruits, de sons et de musique. Une sorte de voyage dans un univers fantasmé, amniotique, plutôt tendre et rêveur. Aux commandes, Jens Bouttery (dm), Benjamin Sauzereau (eg) et Erik Bogaerts (ts). Une expérience improvisée, pleine de surprises et de douceurs. C’est différent, c’est étonnant, c’est envoûtant.

 

 

Et pour finir : Fabian Fiorini en solo. Superbe album, parfois sombre, plutôt introspectif, mais d’une grande liberté d’expression. Entre jazz et musique contemporaine, le piano sonne et résonne avec une profondeur inouïe. Un travail très personnel et remarquable.

A+

 

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