15/06/2015

Matthieu Marthouret Bounce Trio - Bravo

L’organiste Matthieu Marthouret était de passage à Bruxelles pour présenter son dernier album en trio : Small Streams… Big Rivers. Et il avait choisi le Bravo.

Avec Toine Thys au ténor et Gautier Garrigue aux drums, Bounce Trio (puisque tel est le nom du groupe) rebondit entre bop, soul jazz, thèmes originaux et reprises, comme, par exemple, avec ce légèrement funky «Tom Thumb» de Wayne Shorter, pour ouvrir le concert.

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Le thème est emballé avec une belle fougue. Il faut dire que, en trio, la musique est plus découpée et dégraissée. Marthouret fait d'ailleurs preuve d’une belle habileté en assurant groove, lignes de basse et mélodies. Bien sûr, le drumming, tendu et sûr, de Gautier Garrigue est là, bien solide, pour le soutenir. Sur «Joe», le sax et l'orgue jouent à la course poursuite ou le relais, c'est selon. Entre quelques citations de «Lullaby Of Birdland», le thème file et Toine Thys peut enchaîner les chorus enflammés. Les échanges sont parfois âpres, pleins de swing et de vivacité. On en voudrait plus des morceaux comme celui-là car, même si «Visions » (de Stevie Wonder) est plein de charme, il est un peu trop respectueux de l’original, et manque peut-être un peu d’intérêt. On pourrait faire la même remarque à propos de la reprise de «Shine On You, Crazy Diamond» (de Pink Floyd).

Quand ils sont libérés, chacun des musiciens y va de son solo. Guarrigue claque les fûts sur un question-réponse avec l'organiste et Thys vient mettre son grain de sel. «Years», tout en accélérations et allers-retours rythmiques est brillant d'efficacité. Du coup, «Prélude en Ut Mineur» (inspiré de Frédéric Chopin), joliment arrangé, vient à point nommé pour calmer le jeu.

Le fait de ne faire qu'un seul et long set est sans doute bénéfique au trio chez qui l’on ressent de la chaleur et de la cohésion grandir au fil des morceaux. Les trois amis semblent dialoguer sans a priori, ni calcul. La musique n'en est que meilleure. Elle est plus chaude et sensuelle, les solos sont plus liés, s'intègrent et se confondent plutôt qu'ils ne se succèdent. L'âme du trio se révèle vraiment, comme sur ce morceau d’Eddy Louis ou encore sur un «Bounce Neuf», tourbillonnant à souhait.

Et pour terminer ce bon concert, et pour rendre un dernier hommage à Ornette Coleman, disparu le matin même, Marthouret invitera un second ténor à monter sur scène : Vincent Tekhal.

Small Streams… Big Rivers.

 

 

 

A+

 

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