24/01/2015

Jazzmatik au Sounds

 Paolo Fresu et Galliano à Flagey, Nic Thys en trio au Bravo ou encore La Nouvelle Star à la télé (non, là je déconne), la concurrence était rude pour le Jazzmatik d’Adrien Volant au Sounds C'est pourtant ce concret que n'ai décidé d'aller écouter ce jeudi soir. J'avais envie d'un jazz décontracté et sobre. Sur papier (Paolo Loveri, Lionel Beuvens, Daniel Stokart et Giuseppe Millaci), ça devrait le faire…

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Sur le coup de 22h30, le quintette attaque «Invitation», pour s'échauffer. Puis il enchaine avec une bossa pour s'ensoleiller. Et la flûte de Stokart se fait aussitôt lumineuse et ondulante.

Ça frissonne.

La ballade douce et chaleureuse, («For Carla») écrite par Paolo, permet à Adrien Volant de bien se mettre en avant. Le son est limpide et souple à la fois, droit et sans fioriture. Paolo, quant à lui, égraine avec beaucoup d'élégance et de retenue la mélodie. Le jeu de de Giuseppe Millaci à la contrebasse est, lui, un peu trop retenu, presque timide. Même dans ses solos il reste un peu en retrait. On aimerait un peu plus de puissance et d'audace, car son phrasé est plutôt intéressant. Du coup, c'est surtout l'excellent drumming de Lionel Beuvens qui donne assez de nerf à l'ensemble pour maintenir - ou provoquer - un peu le groove.

D'ailleurs, ça s'emballe un peu plus avec «Béatrice» de Sam Rivers - débuté pourtant de manière un peu approximative - ou avec «Song For Bilbao» de Pat Metheny, joué avec une belle intensité.

On sent Stokart – à l’alto cette fois - très libre et vraiment à son affaire lorsqu'il peut improviser (sur un morceau de Seamus Blake, par exemple, ou sur «Recorda me» de Joe Henderson). Sans jamais tomber dans l'excès (ce n'est pas le genre du groupe, de toute façon) il propose un jeu simple, ferme et nuancé.

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Au second set le groupe accueille une jeune chanteuse (Eleonora Albani) pour quelques morceaux («When Sunny Gets The Blues» ou «Bye Bye Blackbird» - sur lequel Paolo Loveri se laisse aller à quelques citations virtuoses). Albani semble chanter sans difficulté et avec beaucoup de décontraction. Justesse, clarté, scat facile et sourire dans la voix semblent s'inspirer d'Anita O'Day. Avec candeur, elle renforce, à sa façon, la cohésion du groupe. Beaux moments…

Après un début de concert quelque peu hésitant et flottant, celui-ci se termine avec bien plus d'assurance et de surprises. Et «Some Other Blues» de John Coltrane en est d'ailleurs une conclusion des plus convaincantes.

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Je voulais un jazz cool et sobre... Mon vœu a été exhaussé.

(A l'occasion, réécoutez 3 for 1 (chez Mogno) de Paolo Loveri, ce sont 70 minutes de bonheur raffinés)

A+

 

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