17/01/2015

Kavita Shah Quintet à l'Archiduc

 

Il y a du monde à l'Archiduc ce vendredi soir pour découvrir Kavita Shah, la jeune chanteuse new-yorkaise qui fait pas mal parler d'elle outre-Atlantique (saluée entre autres par Downbeat en 2012 comme «Best Graduate Jazz Vocalist»). A New York, elle partage les scènes du 55 Bar, Bar Next Door, Cornelia Street Café ou encore du NuBlu avec des Sheila Jordan, Peter Eldridge, François Moutin, Steve Wilson, Lionel Loueke ou encore Greg Osby

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Elle présente ce soir son premier album (Visions, publié chez Naïve, sur lequel on retrouve Lionel Loueke, Steve Wilson, Linda Oh…).

A l’Archiduc, elle est entourée d’une fameuse bande également : Léo Montana (p), Ralph Lavital (eg), Karl Jannuska (dm) et François Moutin (cb).

Elle entame le concert par un morceau bien costaud qui permet déjà à François Moutin de prendre un solo bourré d’énergie brute. La voix de Kavita Shah est d'une étonnante souplesse. Elle est surtout mise en valeur lors de moments plus intimes, comme sur «La vie en rose», en duo avec Moutin, ou lors du deuxième set, en duo avec l’excellent pianiste Léo Montana.

Il y a quelque chose de très personnel dans son timbre et sa façon de phraser, sans pour cela tomber dans un côté excessif. Ses origines indiennes doivent y être pour quelque chose, mais sa vision multiculturelle du monde doit y être pour beaucoup plus encore. Le jazz, l’Inde, l’Afrique, l’Amérique latine, tout cela se mélange avec un très bel équilibre.

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L'arrangement de «Visions», de Stevie Wonder, permet au pianiste d’enchainer les accords avec vigueur et virtuosité. Si le jeu est ferme et très percussif, Montana injecte régulièrement des accents très soul et blues qui donnent de l’élasticité aux thèmes, et le dialogue avec Jannuska et Moutin n’en est que renforcé.

Ralph Lavital, de son côté, laisse échapper quelques inflexions parfois créoles, parfois africaines (un phrasé qui évoque un peu le son du likembe) dans un jeu vif et tendu, très… new-yorkais. Difficile de définir une tendance spécifique… c’est sans doute ça que l’on appelle le jazz.

Le deuxième set sera, au départ, plus percutant encore (peut être pour couvrir un peu plus brouhaha ambiant d'un public parfois trop bavard). Sur ce premier morceau, bourré de groove et d’énergie, le mélange des rythmes indiens et africains nous emmène dans une sorte de transe frénétique. De même, cela s'emballe sévère sur une reprise de «Poinciana», pourtant introduit tout en douceur. Le Pianiste entraîne le guitariste, qui passe le relais au contrebassiste avec beaucoup de fluidité, tandis que Jannuska, au jeu vif et sec, entretient la flamme et la cohésion d'un jazz qui se parfume de mille et une influences.

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Après «Paper Planes» (reprise étonnante de M.I.A.) et avant de terminer le concert avec une «Sodade» (de Cesaria Evora) joliment revisitée, Kavita Shah invite Margaux Vranken (la jeune pianiste belge qui était à l’initiative du concert de ce soir) pour une belle version d’un thème de Stan Getz et Joao Gilberto dont le nom m’échappe…(*)

 

 

Belle découverte, donc et un nom à retenir : Kavita Shah.

A+

 

(*) il s'agissait en fait de "Chega de Saudade" d'Antônio Carlos Jobim.

 

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