08/07/2014

Sergej Avanesov Jazz Quartet - Jazzzolder Mechelen

 

Et pourquoi ne pas pousser une pointe jusque Malines ce vendredi 13 juin.

Direction Jazzzolder, merveilleux endroit, accueillant et chaleureux, rempli de gens bien sympathiques. Car des gens, il y en avait, malgré la coupe du monde de foot qui n’est pas faite pour remplir les salles.

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Ce soir, c’est le groupe du saxophoniste russe Sergej Avanesov qu’a invité Lejo Vanhaelen et son équipe. Ce jeune quartette avait été finaliste de l’édition 2013 du Jazz Contest qu’organise également le club malinois (j’avais parlé de l’édition 2014 ici), une raison suffisante pour les faire revenir. Sergej Avanezov Jazz Quartet propose un jazz… contrasté, dans le sens où les deux sets furent assez différents.

Tout débute donc par quelques thèmes d’un jazz plutôt traditionnel (avec «Stablemates» de Benny Golson, par exemple) joué efficacement, trop sagement et sans véritable surprise. Puis, petit à petit, le quartette remonte les époques comme on suit une ligne du temps, et s’ouvre à un jeu plus personnel. Le ténor sonne «plus ouvert», provoque quelques «cassures», Tyler Luppi (cb) s’éloigne légèrement du walking - assez basique jusque là - tandis que Samuel Sakisyan (dm) tente quelques breaks plus engagés.

Mais le plus intéressant dans ce groupe est certainement le pianiste Giacomo Caruso qui n’hésite pas à dynamiter l’ensemble. Sage et timide au début, il est plus surprenant au fil du concert. Il y a quelque chose d’Andrew Hill, de Paul Bley ou de Keith Jarrett dans ses doigts. Son intro en solo sur «Reflection», de Monk, est assez saisissante, proche d’un Cecil Taylor. Les compos originales du pianiste sont d’ailleurs plus avant-gardistes dans l’esprit («While You Were Sick», notamment) et laissent beaucoup d’espace à l’impro.

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Pourtant, le début du deuxième set s’ouvre en trio, sans le pianiste. Mais le jazz résonne cette fois de manière plus «actuelle». Avanesov assaisonne son bop traditionnel de façon plus relevée. Tout est plus incisif, plus mordant. Et quand Caruso revient s’installer au piano, on élève à nouveau le niveau. Les échanges sont alors plus intenses et bouillonnants. Luppi malaxe les cordes de sa contrebasse, prend des risques. Le batteur martèle les fûts, explore les sons avec vivacité, prend des solos incisifs. Caruso et Avanesov prennent alors le plein pouvoir sur leur musique.

Le quartette semble nous avoir présenté un court résumé de l’évolution du jazz. Pourquoi pas? Mais lorsque l’on entend le potentiel et la créativité du groupe en fin de concert, on se dit qu’il peut clairement laisser tomber la première partie, un peu trop attendue et entendue.

Voilà, en tout cas, quelques noms à suivre de très près…

 

 

A+

 

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