04/03/2014

Raf D Backer - Sounds

 

On a sorti le gros matériel au Sounds ce vendredi 21 février au soir. On a doublé les baffles et les retours et on a demandé à Michel Andina d’assurer le mixage.

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C’est que Raphaël Debacker (dites Raf D Backer), pour fêter la sortie de son tout nouvel et premier album Rising Joy (chez Prova Records), veut du gros son ! Du son profond, qui a de la résonance, de la matière et du gras, comme à l’époque des Les McCann, Ramsey Lewis ou Jack McDuff. Il faut dire que Raf D Backer, qu’on a vu aux côtés de Da Romeo, de Laurent Doumont et dernièrement de Kellylee Evans, a baigné dans la soul, le funk et le boogaloo.

Quoi de plus normal qu’il se lance donc, en leader, dans le grand bain.

Avec Cédric Raymond à la contrebasse (et parfois la basse électrique) et Fabrice Moreau aux drums (qui remplace ce soir Lionel Beuvens), Raf nous replonge dans cette musique sensuelle (presque sexuelle) en reprenant, pour commencer, quelques grands standards du genre (comme «Full House» de Wes Montgomery, par exemple, qu’il remanie à sa sauce). Puis, il nous propose ses compositions personnelles pleines de punch («Joe The Farmer» ou «Losing The Faith»). Et nos trois jazzmen s’entendent rapidement pour faire circuler le groove.

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Sur une reprise de Wayne Shorter, «Beauty And The Beast», on est balancé comme sur un bateau qui tangue, qui perd de la vitesse, qui risque de chavirer, puis qui reprend pied et à nouveau de la vitesse. Sans jamais verser dans l’excès, Raf mène bien sa barque.

La soirée est à la fête.

Au deuxième set, le trio invite le guitariste Lorenzo Di Maio à partager la scène pour quelques morceaux. Celui-ci apporte un petit coup de fouet blues rock à l’ensemble. Di Maio lacère les morceaux de riffs tranchants et brillants, toujours très mélodiques.

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Alors tout s’emballe, la rythmique s’enflamme et Raf D Backer sort un jeu flamboyant à l’orgue Hammond. Fabrice Moreau claque le tempo, et Cédric Raymond, quant à lui, montre, une fois de plus, qu’il est l’homme de la situation. Son jeu est franc et direct, et pourtant bourré de nuances.

D Backer peut alors laisser parler tout son talent de grooveur. Sa main gauche dessine des lignes de basses virevoltantes, tandis que la droite prend des inflexions bluesy.

Si l’on entend encore peut-être l’influence d’Eric Legnini (époque Miss Soul) dans le jeu de D Backer, on sent surtout chez lui un profond attachement aux racines de cette musique. Avec Rising Joy, Raf D Backer signe un très bon premier album… et l’on se réjouit déjà de le revoir sur scène (au Beurs en avril et plus tard pour une tournée Jazz Tour des Lundis d’Hortense) pour suivre son évolution.

 

 

 

A+

 

 

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