18/02/2014

Philip Catherine & Martin Wind Duo au Sounds

9h. L’heure est inhabituelle pour le Sounds. Mais le concert est exceptionnel.

Philip Catherine et Martin Wind en duo.

Tête en l’air comme je suis, j’arrive en fin de premier set.

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Martin Wind, contrebassiste allemand qui vit à New York depuis plus d’une quinzaine d’années, a découvert Philip Catherine à l’âge de 14 ans au travers de l’album Viking (le duo avec Niels-Henning Ørsted Pedersen).

Depuis, l’envie de rencontrer le guitariste belge ne l’a plus quitté.Dernièrement, le rêve est devenu réalité et un disque (New Folks) à été enregistré et publié chez ACT.

Evidemment, une tournée européenne s’imposait et un passage par la Belgique aussi.

Inutile de dire qu’il y avait foule ce soir dans le club de la rue de la Tulipe.

Martin Wind et Philip Catherine remettent en lumière l’art du duo. L’écoute, le respect, la connivence et la recherche constante du bonheur mélodique sont évidents.

Car, pour arriver à un tel degré de perfection, il faut du talent, certes, mais il faut également beaucoup de complicité. Et à voir le sourire sur le visage de l’un et l’autre, il n’y a aucun doute à avoir.

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Ce qui frappe, c’est le maillage harmonique, fin et inventif, c’est la combinaison réinventée entre la contrebasse et la guitare. Chacun des musiciens semble chercher l’extrême dépouillement et la simplicité du propos pour en faire ressortir la beauté intrinsèque.

Jamais de surcharge dans les solos ou lorsque l’un d’eux prend le drive.

Comme pour paraphraser Miles qui disait qu’il ne fallait jouer que les notes utiles, Wind et Catherine ne nous réservent que les plus belles.

«Hello George» est espiègle, «Toscane» est tendre, «I Fall in Love Too Easily» est enlevé…

Il y a de la sincérité dans le jeu des deux artistes. De la sensibilité à fleur de peau. Chacun soutient l’autre, le pousse doucement à aller explorer un peu plus loin, à se découvrir et à se révéler totalement.

Si la dextérité et le phraser de Philip Catherine ne sont plus à prouver, Martin Wind se révèle virtuose à l’archet. «Sublime» est un pur moment de grâce. Quant à l’introduction, en pizzicato, de «All The Things You Are», elle est éblouissante d’intelligence.

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Il faut entendre ensuite comment les deux musiciens font monter le tempo. Comment ils annoncent le thème, comment ils le développent rapidement et le concluent sans s’appesantir…

Le duo joue l’essentiel, en trois minutes tout est dit, pas la peine d’en rajouter. La beauté est dans le geste, le message dans la spontanéité.

Et de l’humour, de l’amour et de la tendresse, il y en a plein. Du swing et du groove aussi. Rien n’est oublié. Et le public en est conscient.

Ce soir, Wind et Catherine nous ont tout fait. Et avec quelle classe !

Avec une élégance incroyable - celle qui n’appartient qu’aux grands et aux humbles - Catherine et Wind nous ont offert une magnifique et incroyable démonstration de jazz.

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Il se murmure que le duo sera de retour un peu partout en Europe (et donc en Belgique !) cet été… Un conseil, scrutez les agendas des musiciens. Il ne faudra pas rater ça !

A+

 

 

 

22:38 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sounds, martin wind, philip catherine, act |  Facebook |

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