08/12/2013

Jazz et livres. Sol et Intermède.

Le jazz c’est de la musique. Mais ce sont aussi parfois des mots.

Dernièrement, parmi tous les bouquins que je lis (Qu’est ce qu’on joue, maintenant?, Une anthropologie du jazz et autres…), il y a deux romans.

Deux livres totalement opposés. Le seul point commun: le jazz.

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Le premier se déroule à Paris. C’est l’histoire de Sol, une jeune contrebassiste, assez douée semble-t-il, sortie de “nulle part”, à la recherche de l’assassin de son père qui était, lui aussi, musicien de jazz.

L’histoire est noire et plutôt brutale.

Tout l’intérêt réside surtout dans le fait que l’action se déroule dans un «Paris Jazz» contemporain que l’on connaît assez bien, et que l’on y fait référence à des musiciens français actuels (la préface est d’ailleurs de Stéphane Belmondo). Mais cette bonne idée de départ se désagrège vite au fil des pages. En effet, l’intrigue est assez mince, même s’il s’y passe beaucoup de choses - plus invraisemblables les unes que les autres - en très peu de temps. Et ce qui gène le plus, c’est le manque d’épaisseur et de profondeur psychologique du personnage principal. Du coup, on reste en surface. Le roman est court et Philippe Yvon, l’auteur, n’a pas de temps à perdre et accumule les clichés stylistiques.

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Ce qu’il nous manque donc, c’est la gourmandise des mots, des idées et des phrases bien tournées (un peu de ce plaisir que l'on éprouve en lisant Manchette, Boujut ou Villard dans son Bird, par exemple, dont l'action se déroule aussi dans le Paris d'aujourd'hui). Dommage.

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Si ça file vite chez Sol, le temps se suspend dans Intermède d’Owen Martell.

Ici, on replonge en 1961, à New York. Nous sommes chez les Evans et Bill, pianiste, est perdu, désorienté et très affecté par la disparition brutale de son contrebassiste et ami Scott LaFaro.

On passe alors en revue les états d’âme du pianiste au travers des réflexions et des témoignages imaginaires de certains membres de la famille : le père, le frère, la mère... On les suit dans leur tentative de veiller sur lui et de l’accompagner dans ces moments pénibles. De l’empêcher de «tomber», de s’abîmer.

Si le temps est suspendu, c’est parce que Bill ne joue plus. Et que fait un musicien que ne joue pas ? Il gamberge. Et l’on gamberge avec lui sur l’amitié, les sentiments, l’utilité de la vie...

L’écriture est lente, plutôt lyrique, mais assez simple. Owen Martell mélange la réalité et la fiction avec une belle subtilité même si, il faut l’avouer, on a parfois un peu de mal à être captivé ou – pire - à être touché. Impression en demi-teinte.

Enfin, tout cela redonne quand même très envie de réécouter l’éternel Bill Evans.



A+

 

 

 

 

 

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