20/10/2013

Greg Lamy Quartet - Meeting - Sounds

Malheureusement pour Greg Lamy, le soir de son concert au Sounds coïncidait avec la qualification de la Belgique pour la Coupe du Monde de football. Cela arrive tous les douze ans – dans le meilleur des cas – et il fallait que cela tombe ce soir-là…

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Autant dire que pour accueillir le quartette venu présenter son dernier et très bon album Meeting (chez Igloo), le club n’était malheureusement pas très rempli. (Heureusement, cela s’améliora par la suite…)

Greg Lamy est un tendre, un sensible, un romantique… Et cela se ressent dans sa musique. Ce qui se ressent aussi chez lui, c’est une envie de retour à la simplicité. Lamy recherche le son clean, celui des Jim Hall et des Joe Pass avec une touche de jazz actuel en plus.

Sur la plupart des morceaux - comme «La Déferlante» qui s’inspire peut-être de la musique classique, «Eclipse», l’un de ses morceaux fétiches, ou encore «Tout simplement» - la musique est souvent dépouillée, fine et sobre.

Lamy ne cherche plus l’effet pour l’effet, et s’il se contente de quelques reverb’s c’est pour donner plus de poids à la mélodie. Il préfère enrichir ses compos d’improvisations intelligentes, en tournant autour d’un accord ou en développant des phrases subtiles pour les réinventer.

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Par ailleurs, les échanges avec Johannes Mueller sont assez resserrés. Le saxophoniste possède un son robuste et charnu et quand Lamy le laisse s’envoler (sur «Can’t Wait» par exemple) il prend réellement possession de l’espace. Il enveloppe la mélodie, la pousse dans ses derniers retranchements, y ajoute du «gras» et de la puissance.

Les deux solistes sont soutenus magnifiquement par une rythmique robuste. L’excellent Gauthier Laurent tient la barre sous le feu continu du batteur. Ce soir, c’est Remi Vignolo qui tient les baguettes et l’on remarque qu’il «claque» peut-être plus brutalement que le batteur attitré du groupe, Jean-Marc Robin. Ce qui donne parfois des couleurs plus contrastées entre élégance et vigueur.

Le deuxième set est d’ailleurs un peu plus costaud. Est-ce aussi parce qu’il y a plus de monde et plus d’ambiance ? Toujours est-il que le quartette se lâche un peu plus encore. «Aïe» prend des airs funky irrésistibles – avec, ici aussi, de belles interventions tranchantes de Mueller – tandis qu’ «Absturz» s’enracine dans les profondeurs du vrai blues. L’esprit soul de Lamy ressort de plus belle. Ça balance, ça échange et ça ondule. Et c'est bon.

 

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Et quand le quartette revient à des moments plus intimistes («Room 117») on ressent toute la «matière» de la musique et une véritable profondeur mélodique.

Après tant d’années de complicité, le quartette s’est indéniablement pourvu d’un son de groupe et offre un jazz parfaitement équilibré et bien personnel…



N’attendez pas la prochaine qualification des Diables pour découvrir (ou redécouvrir) la musique de Greg Lamy.

A+

 

Commentaires

Bravo pour votre super article, assez complet et précis, interminable existence à votre blog.

Écrit par : match france coupe du monde | 15/06/2014

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