13/07/2013

Fabrice Alleman Obviously et Big Noise - Festival au Carré à Mons

 

Soirée jazz au Festival au Carré à Mons.

Ce mardi soir, le soleil chauffe encore l’esplanade du Théâtre du Manège. L’air est doux, le public est nombreux et réuni autour de la scène pour écouter Big Noise.

Big Noise ! Rien de tel pour mettre tout le monde de bonne humeur. Big Noise - j’en ai déjà parlé ici – ce sont quatre gaillards qui revisitent le blues, le marching jazz et le jazz New Orleans avec une énergie débordante. L’esprit est bien présent, pas de doute là-dessus. Le respect aussi. Mais il y a juste ce qu’il faut de d’irrévérence, de plaisir, de bonheur et de sincérité pour en faire une musique qui n’a pas peur de se frotter à la modernité.

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On est toujours impressionné par la faculté qu’a Raphaël D’Agostino à passer de la trompette au chant avec autant ferveur que de justesse. On est étonné aussi par le jeu toujours vigoureux de Laurent Vigneron (dm) ou par la technique et l’explosivité de Johan Dupont (p). (Johan Dupont qui vient de publier chez Igloo, avec Music For A While, un album surprenant et totalement différent de Big Noise puisqu’il s’agit d’un savant mélange d’impros et de relecture sur musique baroque du XVIème siècle – Dowland, Purcell, etc. - A découvrir). Et puis, il y a Max Malkomes à la contrebasse, solide, puissant et très mélodique. Bref, une fois de plus, on n’est pas déçu. Et le public non plus, qui en demande encore un peu plus. Mais il est temps de se diriger vers la salle de répétition du Manège pour écouter Fabrice Alleman.

La dernière fois que j’ai vu Fabrice sur scène, c’était à la Jazz Station, bien avant l’enregistrement de ce superbe album qu’est “Obviously”, une petite perle de sensibilité et de groove mêlés.

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Ce soir, c’est sold-out (un concert supplémentaire sera même proposé le lendemain, pour contenter tout le monde). Pour l’occasion, le saxophoniste a eu la bonne idée d’inviter David Linx. Plus qu’un simple guest, le chanteur s’est investi dans le projet en écrivant des paroles originales sur certains thèmes, poussant même Alleman à revoir quelques-uns de ses arrangements.

Mais avant que Linx ne les rejoigne sur scène, c’est le saxophoniste qui chante – et très bien – sur “Morning” et “Afternoon”, tout en échangeant avec Lionel Beuvens (dm) et en groovant avec Reggie Washington (cb, eb) ou Nathalie Loriers, qui se partage entre piano et Fender Rohdes. Il laisse ensuite s’envoler Lorenzo Di Maio, formidable de swing - mâtiné de riffs rock - sur un “Three Or Four” du tonnerre.

David Linx arrive alors pour “Regards croisés”, rebaptisé “Come Up The Stairs”. Dès les premières mesures, Linx impose sa griffe. Le chant est parfait, reconnaissable entre mille. Avec Fabrice Alleman, la connivence est immédiate.

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Si le chanteur et le saxophoniste (qui utile aussi bien la clarinette basse, le soprano et le sax ténor) sont à l’avant-plan, ils n’hésitent jamais à laisser de beaux espaces à la basse ronde, profonde et sensuelle de Reggie Washington, ou à Nathalie Lorriers, éblouissante lors de son impro sur “Hope For The World”. Ses enchaînements d’accords sont d’une fraîcheur et d’une brillance incroyables. Et sur “Jay Jay”, elle se lâche encore. D'ailleurs, sur ce dernier morceau, chacun se lance des défis. Et ça enfle, et ça bouge, et ça tangue de tous côtés.

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Et puis le dialogue s’emballe de plus belle entre Linx et Alleman sur “Don’t Say It’s Impossible”. Le sax soprano et le scat si particulier et unique du chanteur ne font qu’un. Rien ne les arrête. Alleman avait raison, rien n’est impossible.

Ce projet, “Obviously”, réussit le mélange parfait enter lyrisme et groove avec tellement de simplicité et de spontanéité que, oui, tout cela semble évident.

Pour le plaisir... le clip "Hope For The World".


Hope for the World - Fabrice Alleman from Bernardo Camisão on Vimeo.


A+

 

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