17/06/2013

Daramad - Daramad


Changeons d’horizon. Allons écouter du jazz Australien. Oui, enfin, Australien, pas vraiment, même si les musiciens de Daramad vivent tous là-bas. Certains y sont nés, comme Mark Cain ou Philip Waldron, d’autres ont fait le voyage d’Iran, comme Reza Mirzaei.

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Et puis, avec les saz, cajon, tabla, riq, oud, clarinette ou tombak, pour ne citer que quelques exemples, la musique est plutôt fortement marquée «Middle East».

Et s’il y a du jazz chez Daramad, c’est surtout dans l’esprit des improvisations. Parfois discrètes, souvent subtiles, toujours mélodiques. S’il y a du jazz, c’est aussi dans l’idée d’une ouverture aux mondes. S’il y a du jazz, c’est dans l’envie de retrouver des racines ancestrales pour les faire fleurir au présent. Alors, n’allez pas y chercher du bop ou même du swing, vous feriez fausse route. Mais restons zen. Après tout, Rabih Abou-Khalil, Anouar Brahem ou d’autres encore, ont trouvé leur place dans le jazz. Pourquoi pas Daramad ?

«Isfahan», qui ouvre l’album, est sans doute le morceau qui résume le mieux les idées du groupe. Le morceau rassemble les rythmes ondoyants et sensuels de la musique persane, des moments d’introspection et de solitude, mais aussi des évasions enthousiastes d’une musique improvisée et charmeuse. Ici, les différences,les dialogues  et finalement les échanges se fondent avec beaucoup de naturel.

Daramad ne cède jamais à la facilité qui risquerait de faire de cette world-music un mélange grossier et banal. Il y a un certain respect de la musique traditionnelle.

Ainsi, «Magpie» brûle de sentiments forts. Les envolées lyriques de Mark Cain à la clarinette répondent aux attaques de Reza Mirzaei au saz et de Michael Zolker au oud, avant qu’un accord final, amorcé par un discours sobre et déterminé de Philip Waldron à la contrebasse, ne se trouve. Sur «Zornery» ou «Dashti», les improvisations au sax - façon jazz - sont beaucoup plus évidentes. Quant aux solos hypnotiques de Saeed Danesh, aux percus, ils font rapidement monter l’adrénaline.

Pourtant, le voyage est souvent calme et plein de délicatesse car Daramad prend son temps pour exposer les thèmes et soigner les motifs. Et c’est bien agréable.

A l'arrivée, le traditionnel arabo-andalou «Lamma Bada» (que les amateurs de Dead Can Dance et Lisa Gerrard doivent connaître) ferme en douceur et en méditation un album au charme envoûtant. Pourquoi ne pas tenter l’expérience ?

A+

 

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