07/06/2013

Folk Tassignon - Dancing On The Rim


Haaa, l’univers particulier de Sophie Tassignon et Suzanne Folk

Entre jazz et musique de chambre, Dancing On The Rim, le dernier album du duo belgo-berlinois est une plongée musicale au pays des merveilles. Avec juste ce qu’il faut d’onirisme, de frissons, de douceurs et de pleurs.

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Depuis quelques années déjà, Folk et Tassignon (accompagnées de Lothar Ohlmeier à la clarinette basse et de Andreas Waelti à la contrebasse) se sont construit un monde bien personnel. Un monde qui mélange le présent dans le discours, une certaine idée du passé dans les harmonies et toute l’intemporalité des sentiments dans les mots.

Et c’est cette mystérieuse alchimie qui rend le projet captivant. Les histoires s’écoutent comme on lit un grand livre de fables. Des histoires légèrement nostalgiques, faites de regrets ou d’espoirs, qui se dessinent puis se dissipent joliment dans un esprit souvent joyeux, parfois tourmenté, toujours lucide. Le chant très sensuel de Tassignon met en évidence des paroles qui touchent, qui frôlent la peau mais aussi l’esprit.

Chaque arrangement est ciselé, intelligent et sensible. Chaque instrument trouve sa place et joue un rôle essentiel dans le récit. Rien n’est inutile. Le style narratif singulier et le sens de la tension nous interpellent, nous accrochent et nous fascinent. Entre ballades légères («Mélanie», «You Complete Me»), chansons lumineuses («No One»), plus sombres («The March Of Time») ou plus torturées («Ode To Don't», dans lequel il faut souligner le très beau travail du contrebassiste), la palette des sentiments semble infinie. Profitant d’une évidente complicité, le groupe se sent pousser des ailes et ose toujours aller un peu plus loin. Ainsi, les vocalises sur «Last Portrait» sont assez étonnantes, tout comme l’est ce solo de clarinette basse, tout en suspension, lenteur et introspection, au milieu de «I Close My Eyes»… quelle grande idée.

La voix pincée de Sophie Tassignon contraste avec la rondeur de la clarinette basse. Le saxophone délicat de Suzanne Folk s’appuie sur le son boisé de la contrebasse. Les fluctuations rythmiques, presque imperceptibles, accentuent le côté instable et fragile des compositions. Voilà sans doute quelques-uns des ingrédients qui font de ce «Dancing On The Rim» - le bien nommé - un disque bien plus qu’attachant.

Alors, si vous cherchez une musique différente, sensible et harmonieuse, qui sort des sentiers battus, n’hésitez pas à aller danser avec ces deux filles au bord du jazz.



A+

 

 

 

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