25/05/2013

Melangtronik - A l'Archiduc


Il n’y a pas à dire, un concert de Melangtronik, ça vaut la peine !

Ce lundi soir (20 mai, lundi de Pentecôte), dans un Archiduc très bien rempli, Lieven Venken (dm), Michel Hatzigeorgiou (eb) et Jozef Dumoulin (Fender Rhodes) se sont réunis pour deux fabuleux sets.

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Quand j’entre, l’ambiance est très feutrée. Le public est hyper attentif et silencieux. Melangtronik revisite «You Don’t Know What Love Is» avec une subtilité rare, sur un tempo extrêmement alangui. Le jeu de Dumoulin est absolument unique (on le savait déjà, mais l’on s’en rend encore mieux compte ce soir). Il crée des atmosphères improbables. Sous ses doigts, les sons scintillent, ricochent, résonnent… s’envollent.

Sur cette mélodie, dépouillée à l’extrême, Lieven Venken use des balais. Il effleure et caresse les peaux et les cymbales avec beaucoup de sensibilité, tandis que Michel Hatzigeorgiou distille sobrement les accords de basse. Le temps semble suspendu. C’est une pure merveille.

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Et puis, contraste ! Le morceau suivant flirte avec la fusion. Brillant, bouillonnant et incandescent, Hatzigeorgiou lâche les riffs et les impros sur sa basse électrique (pas la fretless, l’autre).

Ses phrases se mélangent à celles de Jozef. Le groove est puissant, presque rock, un poil funky aussi. Frénétique.

Voilà ce qui est intéressant avec ce trio – qui ne joue pas si souvent ensemble, ce qui est dommageable dans un sens, mais qui accentue sans doute un peu plus encore la spontanéité et la connivence - c’est qu’il invente, avec fraîcheur et sur l’instant, un jazz très personnel. Avec une véritable identité. Ces trois-là ont tout digéré de cette musique de partage. Alors ils partagent encore.

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Que ce soit sur des compositions personnelles ou sur des standards, la musique se modèle à leur image. Les variations, sur la grille de «Giant Steps» par exemple, sont hallucinantes d’inventions. La musique a toujours quelque chose à dire. Il y a de l’exaltation, de la tendresse, de la colère, de la réflexion, du bonheur…

Car, au-delà du son particulier, il y a aussi et surtout la manière de jouer les thèmes.

Voilà ce que l’on demande au jazz : rester interpellant, ne pas nous laisser indifférent.

Pas de doute, Melangtronik remplit ce contrat sans aucune ambiguïté. Pourquoi devrait-on s’en priver ?

Mais alors, à quand le prochain concert ?


A+

 

 

 

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