18/05/2013

Jonathan Kreisberg Trio - La Lanterna NY

Je ne pouvais pas passer à New York sans aller écouter Jonathan Kreisberg (qui vient de publier un album solo, “One”, dont je parlerai prochainement)!

à La Lanterna, à deux pas du Blue Note, c’est en trio que le guitariste se présente ce mercredi 8 mai : avec Colin Stranahan à la batterie et Rick Rosato à la contrebasse.

Le petit bar, au sous sol du restaurant du même nom, est full. L’ambiance y est très chaleureuse, sympathique et détendue. Certains mangent, d’autres se contentent de boire un bon vin ou une bière.

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Resserré dans un coin, le trio attaque avec un swinguant ”Microcosm For Two” puis un “Stella By Starlight” qu’il démonte et remonte dans tous les sens. Brisant les tempos pour mieux les relancer. Stranahan se fend d’un bien joli solo tranchant et énergique. Le batteur aime répéter et broder autour d’un motif court et obsédant. Il répète les figures avec beaucoup de nuance, gardant toujours en tête le groove… toujours le groove.

Rick Rosato, quant à lui, fait un travail remarquable lorsqu’il souligne la cadence ou quand, au contraire, il joue en contrepoint très marqué. Tout cela donne de la profondeur et une pulse irrésistible.

Et puis, bien sûr, il y a Jonathan Kreisberg qui affirme de plus en plus sa personnalité. Il fait ce qu’il veut avec sa guitare. Ses doigts filent sur le manche de l’instrument avec une précision diabolique. Mais au-delà de la virtuosité, il parvient toujours à magnifier la mélodie. Et c’est cela qui est excitant.

Du coup, même dans les ballades, ce léger swing reste bien présent. Ça ondule toujours. Sur “Peace” ou “You Don’t Know What Love Is”, par exemples, les harmonies s’entremêlent et semblent toujours ondoyer. Le timing est d’une rigueur implacable mais autour… ça bouge. Légèrement, sensuellement.

Il y a toujours du sentiment, de l’humanité, dans la musique de Kreisberg, mais jamais il ne force le trait. Il a toujours le bon goût d’évoquer sans trop insister. C’est pour cela qu’un thème écrit après les sombres évènements du onze septembre, “From The Ashes”, ne tombe pas dans le pathos.

Mais bien sûr, le trio sait s’amuser et “I Mean You” est un formidable espace de liberté pour les musiciens. La version est délirante, tout en étant respectueuse, et Kreisberg se lâche avec quelques effets qu’il affectionne. Monk aurait apprécié.

Le public, attentif et très participatif, en profite un maximum. Ça tape du pied et ça remue la tête avec enthousiasme.

Jonathan Kreisberg est un guitariste à suivre de très près car son univers, s’il n’est pas “tape à l’œil”, regorge de subtilité et de trouvailles. Ce n’est pas pour rien que Dr.Lonnie Smith l’engage régulièrement dans ses tournées…


Un très court – et très sobre - extrait de cette soirée à La Lanterna.



 


A+

 

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