06/02/2013
Ananke - Jazz Station
L’évènement “20 ans Aka Moon” draine de plus en plus de monde et la Jazz Station a plusieurs fois affiché complet. Ce 20 décembre ne déroge pas à la règle et le club est très bien rempli pour accueillir le groupe invité par Aka Moon : Ananke.
Au départ, Ananke est un trio qui s’est formé vers 2003. Mais, début de l’année dernière, la formule a changé et deux membres se sont ajoutés aux côtés de Victor Abel (p), Alexandre Rodembourg (dm) et Romeo Iannucci (eb) : le flûtiste Quentin Manfroy et le clarinettiste (basse) Yann Lecollaire.
Si l’influence majeure d’Aka Moon ne fait aucun doute, Ananke se dégage cependant par une sincère personnalité par rapport à ses ainés.
Leur musique est peut-être un peu plus ”linéaire”, même si elle regorge de complexités harmoniques et rythmiques.
Ce soir, le groupe démontre une sérieuse maîtrise, même si certains moments sont un peu tirés en longueur («For Real»), ce qui eut tendance à affaiblir une tension jusque là assez forte. Ce petit bémol mis à part, on prend un réel plaisir à entendre les sorties musclées de Victor Abel (au piano ou au Fender Rhodes). Celui-ci possède un toucher assez personnel, un peu sale et légèrement bancal, et cependant très poétique.
Ananke fusionne les influences du jazz et du rock progressif ou de la musique classique contemporaine et du funk pour en extraire une mixture pour le moins relevée.
Le deuxième set commence en trio et les morceaux semblent plus «resserrés», plus concentrés. Roméo Iannucci nous gratifie alors de quelques solos plutôt costauds. Il utilise les loop, enchaîne les phrases nerveuses et n’hésite pas à dévier dans la disto, à l’instar de son mentor : Michel Hatzigeorgiou, très attentif, assis dans la salle.
Mais, la flûte et la clarinette basse ajoutent un côté plus mystérieux et plus riche au groupe. Les reliefs s’accentuent, la matière est presque palpable. Cela permet aux musiciens de s’ouvrir à d’autres horizons.
Finalement, le leader d’Aka Moon, Fabrizio Cassol (as), rejoint le groupe sur scène. C’est comme un booster qui agit sur le quintette, comme un additif puissant qui vient dynamité l’ensemble. Du coup, Alex Rodembourg se sent pousser des ailes derrière sa batterie, il redouble de puissance, et Yann Lecollaire s’envole dans un final brillant et excitant.
Du groove et de l’énergie, Ananke n’en manque certainement pas, et leur univers semble se définir au fil des albums (un troisième est prévu pour 2013), même si une étiquette n’est pas si évidente à leur coller.
Tant mieux, cela nous promet encore de belles surprises.
A+
21:54 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ananke, aka moon, jazz station, victor abel, alexandre rodembourg, romeo iannucci, quentin manfroy, yann lecollaire |
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Commentaires
Sympa le nom ananke, qui rappelle "destiné" dans l a grèce antique
Écrit par : Kavinsky | 09/02/2013
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