04/02/2013

Torben Waldorff - Wah-Wah

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Le guitariste danois Torben Waldorff, qui vit à New York depuis plus de quinze ans, vient déjà de sortir son sixième album en tant que leader. Avouons-le, à part dans son pays et par quelques fanatiques de guitare sans doute, Torben Waldorff est très peu connu de ce côté-ci de l’Atlantique. C’est d’ailleurs à New York que j’ai eu l’occasion de le voir en concert, juste avant qu’il n’enregistre l’album Wah-Wah.

Pour ce dernier effort, Waldorff a décidé d’abandonner les différents saxophonistes qui l’accompagnaient régulièrement depuis ses débuts (Karl-Martin Almqvist, Henrik Frisk et surtout Donny McCaslin). Cette décision lui permet de radicaliser son propos, de se mettre plus en avant, mais également de se mettre un peu plus en danger.

Waldorff peut cependant compter sur une solide rythmique composée de Matt Clohesy à la contrebasse (Seamus Blake, Ingrid Jensen, Eric Reed), Jon Wikan à la batterie (Maria Schneider) et l’excellent Gary Versace au piano, au Fender Rhodes et à l’orgue (Jonathan Kreisberg, Loren Stillman, Jon Hollenbeck, John Abercrombie).

Ce qui se dégage, dès les premiers accords de «Circle And Up», qui ouvre l’album, c’est une sensualité élégante dans le phrasé de Waldorff et une volonté évidente du groupe à développer les mélodies.

Et Wah-Wah évolue en douceur, alternant les morceaux plutôt enlevés avec des moments plus sobres et intimes. Ainsi, Waldorff nous emmène sur les traces d’un blues mélancolique («You Here») - dans lequel il croise magnifiquement les cordes avec la contrebasse de Matt Clohesy - puis s’aventure, non sans humour, sur les rives ondulantes de la bossa («Poolside» et «Burtsong») et flirte même délicatement avec la drum ‘n bass («Fat#2»).

Le guitariste n’hésite d’ailleurs pas à donner quelques coups d’accélérateur ou à se faire plus mordant - sur «Evac» notamment - pour ouvrir l’espace à Gary Versace afin que celui-ci déroule quelques solos brillants. C’est sans doute grâce à ce dernier, qui passe du piano à l’orgue ou de l’orgue au Fender Rhodes, avec autant de vélocité que d’inspiration, que les couleurs chnagent au fil des plages. Lumineux et nerveux sur «Circle And Up» et «Cutoff (The Eleventh Bar)», plus churchy et profond sur le très beau et très langoureux «Country And Fish», Versace démontre un véritable savoir-faire, plein d’imagination et de virtuosité.

Ajoutez à cela un drumming sobre, précis et efficace de Jon Wilkan, et vous obtenez un disque à la fois homogène et très varié, d’une fraîcheur qui fait vraiment plaisir à entendre. Wah-Wah ne manque ni de punch ni de groove, et même s’il est emprunt d’une certaine nostalgie, il est vraiment bien de notre époque. A suivre de près, donc.

A+

 

Commentaires

un bon album a écouter et reécouter

Écrit par : Image drole | 05/02/2013

Quel bel enssemble! Joli

Écrit par : Bro code | 05/02/2013

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