28/11/2012

Mauro Gargano au Sounds

Après le concert de Philip Catherine au Bozar, je fonce au Sounds pour assister à celui de de Mauro Gargano. Pour rappel, le quartette était passé au Music Village l’année dernière et son disque Mo Avast avait reçu un très bon accueil un peu partout en Europe. Récompense bien méritée.

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J’arrive alors que le concert a déjà commencé. Il y a pas mal de monde et même une jeune équipe qui filme le concert (ce serait sympa de voir le résultat un jour).

Il y a de la bonne humeur sur scène et Mauro Gargano (b), Stéphane Mercier (as), Francesco Bearzatti (ts, cl) et Fabrice Moreau (dms), sont visiblement là pour s’amuser. Mais aussi pour jouer. Surtout pour jouer ! Sans concession.

«Bass "A" Line» résonne et Mauro Gargano nous fait une superbe démonstration archet et pizzicato d’une grande maîtrise. Puis c’est «When God Put A Smile Upon Your Face», une reprise de Coldplay qui a valu au groupe la mauvaise critique globale d’un chroniqueur à cause de l’emprunt de ce morceau au groupe pop qu’il n’aimait guère !! Quelle bêtise, on croit rêver. Surtout lorsque l’on entend ce que le quartette en a fait : une bombe.

Sur ce morceau, Bearzatti est déjà intenable. Il enchaîne les chorus plus surprenants les uns des autres. Et ce n’est qu’un début.

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Après une intro plutôt originale et passionnante de Fabrice Moreau, «Orange» file tout droit. Et une fois de plus Bearzatti s’emporte dans des impros incandescentes. Face à cette énergie et cette puissance, Stéphane Mercier répond par un jeu tout en arabesque et en sensualité. Les changements de rythmes sont incessants, les échanges fusent. On savoure.

Au deuxième set, le groupe reprend un «Turkish Mambo», de Lennie Tristano, complètement revu, corrigé (si tant est que l’on puisse corriger un chef-d’œuvre comme celui-ci), boosté et éclaté….

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Il y a vraiment de la fluidité dans cette formation, du mouvement, du dialogue. La musique passe entre les musiciens comme le témoin entre les coureurs d’un relais de quatre fois cent mètres. La course est un sans faute.

Et puis il y a aussi ces moments de détentes déguisés, juste comme avant un duel, avec de brefs moments d’observation. Les acteurs se jaugent, se scrutent... La musique se fait désirer.

Déterminée, elle entame alors une longue ascension et atteint le sommet d’une montagne imaginaire avec une sorte d’exaltation. Conquérante et euphorique, elle se laisse ensuite rouler tout en bas, de plus en plus vire… jusqu’à mourir… Mais, un instinct de survie subsiste et un léger souffle s’obstine pour garder vivant ce «1903». Mauro Gargano redonne alors la petite impulsion qui fait se redresser l’ensemble pour un final excitant.

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L’énergie - et la façon de la canaliser - sont les grandes forces de ce groupe. Ajoutez à cela la connivence sans faille entre les différents musiciens et… une petite pointe de folie - qui permet toutes les audaces et renforce la cohésion - et vous obtenez sans doute l’un des meilleurs groupes de jazz français actuel.

Bref, on attend la suite des aventures avec impatience.

A+

 

Commentaires

Fabrice Moreau est un PercuBatteur que j'apprécie beaucoup ! un musicien attentif ! (Voir le trio Viret qui produit un Jazz BO de film très dentelle). Je découvrirai Gargano Live semaine prochaine à Paris ! et zou !

Écrit par : ptilou | 17/01/2013

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