13/11/2012

Herbie Hancock Solo - Bozar

«J’ai envie de m’amuser» dit Herbie Hancock dans tous les médias à propos de sa tournée Plugged In. A Night of Solo Explorations.

Hancock en solo ! Au piano, bien sûr, mais aussi au synthé et… à l’iPad. Herbie veut s’amuser avec son temps. Comme il l’a toujours fait («Rock It» était quand même précurseur de la vague scratch et turntablist qui s’ensuivit).

On était donc curieux de voir et entendre notre jazzman au Bozar (pour le Skoda Jazz Festival), ce samedi 2 novembre.

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Sur scène, il y a en effet le grand piano auquel est accroché un iPad. Sur le synthé Korg, juste à côté, on dénombre trois autres iPad. Et à l’avant de la scène, sur un pied de micro, un cinquième iPad attend le maître.

Tout sourire, sous les applaudissements du public Hancock s’installe devant son piano, réfléchit un instant et se lance. Les doigts courent avec assurance. Hancock improvise, divague et dessine de belles et longues variations sur – entre autres – «Footsteps», qu’il enchaîne à «Sonrisa».

Le phrasé est dépouillé, aérien, contemporain aussi. On y sent les influences classiques d’un Béla Bartok, d’un Erik Satie (celui de «Embryons desséchés») ou même d’un Alban Berg. On y entend bien sûr un léger swing, un balancement fragile. Ça commence plutôt fort.

Puis Hancock se lève et explique, en traversant la scène de long en large, la raison des iPad... Ça reste un peu flou et vague. Même lui semble un peu circonspect face à ces gadgets et se demande presque ce qu’il va en faire. Tout comme nous.

Alors, il lance quelques ambiances sonores, quelques rythmes sombres et alanguis. Il revisite «Maiden Voyage», lentement, longuement. Sur des nappes de synthé, à la sonorité un peu datée, le thème se dessine, lentement, longuement. Au vocoder, il chantonne quelques phrases, lentement, longuement.

On sent Hancock hésitant face à ses nouveaux jouets. L’ambiance musicale à plus à voir avec «Close Encounters of the Third Kind» ou à un vieux Tangerine Dream qu’à une musique «innovante» ou du moins «actuelle». On attend toujours la surprise.

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Puis finalement, après plus d’une heure vingt, ça se réveille enfin. Hancock lance quelques «beat» sur l’un de ses iPad, se place entre le piano et le synthé et pose les premiers accords de «Cantaloupe Island», puis c’est «Rock It» et «Watermelon Man». Et Hancock va chercher son Roland AX7 en coulisse et s’amuse avec nous. Enfin.

On le sent vraiment plus à l’aise. Et l’on ressent l’excitation du début de concert (même si elle est différente).

Alors, finalement, on se demande s’il fallait vraiment tous ces iPad pour en arriver là ?

Bien essayé quand même, Herbie.

A+

 

 

 

01:34 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : herbie hancock, skoda jazz, bozar |  Facebook |

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