26/10/2012

Marjan Van Rompay Group - Evere

Du jazz, un dimanche à 12h à Evere ! Voilà un pari assez osé, lancé par une sympathique association culturelle flamande : Curieus.

Autant dire que l’Espace Toots n’était malheureusement pas très garni… Il y avait surtout des curieux. Mais ceux-ci ont sans doute été très heureux d’avoir fait le déplacement. Tout comme moi, d’ailleurs.

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Je voulais absolument voir et entendre le nouveau quartette de Marjan Van Rompay qui présentait son premier album Silhouette.

J’avais découvert la jeune saxophoniste au Rataplan (en avant-première d’un concert en duo de Ben Sluijs et Erik Vermeulen) avant de la revoir avec son Franka’s Pool Party lors du Jazz Marathon 2011.

Avec ces souvenirs en tête, je m’attendais à entendre un jazz plutôt avant-gardiste, influencé par la musique d’Ornette Coleman, par exemple.

Surprise, c’est le côté lyrique et tendre qu’elle nous offre. Et ce n’est pas plus mal.

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Elle s’est entourée de Janos Bruneel (cb), Toon Van Dionant (dm) et Bram Weijters (p) pour former sont «group» et débuter le concert par «Dyson», une ballade ensoleillée qui roule et s’enroule délicieusement autour d’un motif répétitif. Puis elle enchaîne le morceau suivant, «Waltz For Sander» (qui n’est pas sans rappeler l’esprit Pharoah Sanders – époque Journey To The One) par une longue et belle improvisation virevoltante.

Le phrasé de Van Rompay est plein d’idées et de finesse. Les respirations sont souvent justement placées et permettent à Bram Weijters de s’immiscer dans ces espaces - par un jeu vif et précis - et ouvrir ainsi plus encore le champs.

Au fur et à mesure des thèmes, il devient évident que cette musique respire le bonheur. Même dans les pièces plus intimistes («What’s Real») ou plus torturées («Kill Your Darling»), on y retrouve toujours cette énergie positive, ce groove optimiste et une belle limpidité dans la narration.

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Janos Bruneel assure un jeu à la fois simple et efficace, souple et profond. Un jeu qui s’accorde très bien à celui plus sec et tranché de Toon Van Dionant, qui se fend de quelques solos courts et judicieusement placés. À eux deux, ils maintiennent de manière élégante la tension et permettent à la saxophoniste, mais aussi au pianiste, de s’exprimer pleinement. Et Bram Weijters trouve d’ailleurs assez d’espace pour s’amuser. Son jeu est lumineux et sincère. Sans en faire trop, il dose parfaitement son flux et tisse insidieusement les lignes mélodiques sur des tempis parfois légèrement rubato. Il amène ainsi les thèmes, sans qu’on ne s’en rende compte, vers un climax réjouissant. Il y a autant de Fred Hersch ou de Bill Evans que de Mose Allison (sur «Bam Bam’s Baby Blackbird Blues» par exemple) chez lui.

Parmi toutes ces compositions originales (principalement de la main de Marjan Van Rompay), le quartette revisitera aussi «It Could Happen To You» au swing ravageur.

Bref, Marjan Van Rompay Group nous propose un jazz délicieux qui sait se faire intense. Et dans un bon petit club de jazz, ça devrait être encore plus ardent ! Avis aux programmateurs.

À suivre, bien entendu.

A+

Commentaires

Je suis bien triste d'avoir manqué cela :(

Écrit par : Interdit Bancaire | 28/01/2013

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