06/05/2012

The Flying Fish Jumps au Buster à Antwerpen

Pour la sortie de leur premier album – Road Trip - The Flying Fish Jumps faisaient la tournée des clubs en Belgique et au-delà. Après Lille, Paris, Liège, Namur, Hannut, Eupen et Bruxelles, ils étaient à Anvers, au Buster.

Je n’avais plus vu le groupe sur scène depuis de nombreuses années (c’était quasiment à leurs débuts). A l’époque, les FFJ cherchaient encore leur chemin.

Si l’on peut dire aujourd’hui qu’ils ont fait un choix, on ne peut cependant pas dire qu’ils ont pris un chemin balisé de toute part. Les influences sont multiples et le groupe se moque des frontières. S’il n’est pas facile de définir un style, on peut au moins affirmer qu’ils ont leur style.

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Ce vendredi 20 avril à Anvers, The Flying Fish Jumps démarrent en force avec «Lost In A Dream». Mélange de blues et de trip-hop, boosté à l’électro. Car de l’électro, il y en a partout. Sur la clarinette de Vincent Ghilbert d’abord. Le leader du groupe s’est acharné depuis des années à amplifier et à trafiquer le son de son instrument pour lui donner une couleur toute particulière. Et cette couleur s’accorde à merveille avec le Fender Rhodes (non moins traficoté) de Martin Daniel. A eux deux, ils définissent déjà bien l’architecture du groupe. Mais il ne faudrait pas oublier le drumming énergique de Daniel Duchateau, capable de s’adapter aussi bien aux tempi jazz qu’à ceux, plus rock, plus free ou klezmer aussi, que le groupe ne cesse de mélanger. Et puis, il y a aussi Cyrille de Haes, à la contrebasse, qui invente lui aussi des sons improbables, parfois assez éloignés de ce que l’on peut imaginer. Ainsi, sur «Khachanistan» - morceau qui ne cesse de voyager entre jazz et musique contemporaine, avec de constants changements de rythmes - il use joliment de l’archet.

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Face à une large panoplie de pédales étalées à ses pieds, Vincent Ghilbert manipule avec précision les sons de sa clarinette mais aussi ceux de sa clarinette basse. Le son peut être à la fois vintage comme il peut être très avant-gardiste.

The Flying Fish Jumps ne vont jamais là où on les attend. Des morceaux que l’on pense construits pour groover tout droit («Inside», par exemple) dévient insidieusement sur le bas côté, sur des terrains plus mouvants. La musique ondule, flirte avec l’afro beat, avec la musique orientale ou celle des Balkans. Elle prend des libertés.

L’énergie rock se mêle au sens de l’improvisation de ces jazzmen atypiques et The Flying Fish Jumps invoquent l’esprit de Frank Zappa, la force de John Zorn ou l’âme d’un Steve Lacy.

Après «Road Trip» et «I Don’t Know Why» le groupe reprend un morceau d’Henri Texier («Don’t Buy Ivory Anymore») qu’il revisite avec beaucoup de pertinence. Les improvisations de Martin Daniel rappellent d’ailleurs un peu les expérimentations de Bonjan Z.

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Et puis, le quartette, qui a déjà bien donné et bien transpiré sur scène termine ce concert intense avec «XSSMLXL», un morceau échafaudé sur un rythme disco trompeur qui se déglingue bien vite en une furie éclatée et indicible, comme la musique unique de The Flying Fish Jumps.

A+

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