30/04/2012

Ça jazz partout !


Aujourd’hui, on jazze !

Plus que jamais.

Aujourd’hui, 30 avril, c’est la journée internationale du jazz, décrétée par l’UNESCO.

L'évènement sera célébré partout dans le monde, avec des concerts exceptionnels à Paris, New York, etc..., sous le parrainage d'honneur de Herbie Hancock.



A cette occasion, Les Lundis d’Hortense ont décidé de faire voyager un «Big Band» dans différents endroits de la capitale.

Ne vous étonnez donc pas de croiser au détour d’un quai de gare ou de métro, ou dans l’enceinte d’une université, des saxophonistes, tromboniste, batteurs, bassistes ou guitaristes…

Et puis, n’hésitez pas à les suivre. Ils ne vous mèneront pas - comme le flûtiste de Hamelin - à la rivière, mais dans un club de jazz… Méfiez-vous quand même, cela peut vous être tout aussi définitif.

Les rendez-vous?

A 13h30 : Campus de l'ULB,  à 16h : à la station de métro Montgomery, à 17h30 : à la gare Centrale, à 19h : à la place Flagey et à partir de 22h : au Sounds.

03:46 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

26/04/2012

Brooklyn Boogaloo Blowout feat Chris Cheek au 55 Bar NY

D’accord, il s’agissait plus d’une grosse jam, d’une grande fête, que d’un concert dans les «règles de l’art», ce vendredi 6 avril au 55 Bar à New York. Mais il faut dire aussi qu’il s’agissait du Brooklyn Boogaloo Blowout.

J’avais prévu de venir écouter, la veille, Chris Potter (avec Adam Rogers, Dave Virelles et Nate Smith… excusez du peu), mais la fatigue en avait décidé autrement. Avec le Brooklyn Boogaloo Blowout, j’ai quand même eu droit à Tony Mason (dm), Tim Luntzell (eb), Andrew Sherman (key), Bill Sims Jr (eg) et Chris Cheek (ts)… Qui s’en plaindrait ?

55 bar,chris cheek,andrew sherman,bill sims jr,tim luntzell,tony mason

Il est plus de 22h. et le célèbre club est bondé. Il y a une ambiance électrique mais l’accueil est, ici aussi, cool et décontracté. Les gens ont le sourire. On se parle comme si on se connaissait depuis toujours. Les éternelles guirlandes de lumière courent le long des murs couleur crème sur lesquels sont accrochés de nombreuses photos de gigs et de jazzmen.

Dans le fond de la salle le groupe reprend des standards de funk, de blues et de soul  («Soul Drum», «I Say A Little Prayer», ...) ainsi que quelques compositions personnelles. Ici, on ne se pose pas de question. On joue. On n’est pas là pour cachetonner. Ça transpire, ça souffle et ça frappe. Bref : ça joue !

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C’est souvent Tim Luntzell qui amorce les premières pulsations. Ses lignes de basse mettent vite le feu aux poudres et, aussitôt, Tony Mason embraie, avec une frappe sèche et précise… et le reste suit.

Sur son orgue, Andrew Sherman excite et brûle les notes. Ses doigts rebondissent sur le clavier. Ça sonne comme dans les années ’70. Et sur cette base incandescente, Bill Sims Jr. attise un peu plus le feu, à la manière du vrai bluesman qu’il est. Sorte de force tranquille, à la Howlin' Wolf ou BB King, il place quelques riffs, bien sentis, bien choisis, juste au bon moment, au bon endroit. Aucune démonstration ici, mais le sens de la note juste, celle qu’on comprend, celle qu’on n’explique pas. Il laisse glisser ses doigts sur les cordes et, sans effort, fait groover sa guitare.

Et puis il laisse la place à Chris Cheek très en verve, qui ponctue de notes graves ses envolées légères et papillonnantes. Il y a un échange permanant sur des rythmes entêtants.

55 bar,chris cheek,andrew sherman,bill sims jr,tim luntzell,tony mason

Entre deux gorgées de bière, le public dodeline de la tête, en mesure. Il tape du pied et claque des doigts quand il ne frappe pas dans les mains. Certains, devant, se sont levés de leur tabouret pour mieux bouger sur ces rythmes sans équivoque, ces tempis diaboliques, ce boogaloo enfiévré.

Pour certains, c’est sûr, la nuit ne fait que commencer.

Je remonte les marches du club qui me ramènent dans Christopher Street. L’un des serveurs me demande si j’ai apprécié le concert. Je lui réponds par l’affirmative et lui promets de revenir…

Je reprends le métro, j'ai de la musique plein la tête. New York ne s’arrête jamais.

A+

25/04/2012

Singers Night au Sounds et Dinant Jazz Nights.

2 choses à savoir…

D’abord, ce jeudi 26 avril, c’est la reprise des Singers Night au Sounds.

Après quelques années d’interruption, Véronique Hocq et Rowena Meenderman ont décidé de faire revivre le rendez-vous incontournable des amoureux du jazz vocal créé en 1998 par Danièle Copus. Trois dates sont déjà prévues et on espère qu’il y en aura beaucoup d’autres, surtout que le niveau des sélections a été revu à la hausse et que la qualité devrait être de la partie.

Tous les renseignements et inscriptions sont à lire sur le site.

Et vous pouvez écouter ou ré-écouter l’interview de Véronique Hocq chez Philippe Baron dans l’émission Jazz sur le RTBF.

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Ensuite, il est temps pour les jeunes jazzmen de s’inscrire au 5ème concours des Jeunes Talents des Dinant Jazz Nights qui se déroulera les 21 et 22 juillet 2012 dans cadre du festival.

Quelles sont les conditions? Les groupes devront compter au minimum deux musiciens résidant en Belgique et avoir moins de trente ans au 31 juillet 2012. Les candidatures avec le nom, la date de naissance et l'instrument joué devront s’accompagner d’une démo de 10 à 15 minutes comprenant trois titres (dont un "standard du jazz").

dinant.jpg

Les candidatures devront être adressées pour le 25 mai au plus tard à :

Jeunes Talents DJN, c/o. J.M. Hacquier, 91, av. du Diamant, 1030-Bruxelles.

Le règlement détaillé peut être consulté sur le site du festival.

A+


01:20 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

23/04/2012

Torben Waldorff Quartet au Smalls NY

A New York, les concerts commencent à l’heure. Il est à peine passé 20h30. quand je descends les marches qui mènent à la petite salle du bien nommé Smalls et j’entends déjà les musiciens jouer. Ce soir, il s’agit de Torben Waldorff, un guitariste danois installé à New York depuis quinze ou vingt ans déjà. Il est accompagné de Matt Clohesy (cb), Jon Wilkan (dm) et Gary Versace (p).

Smalls, Torben waldorff, matt clohesy, jon wilkan, gary versace, mitch borden

C’est drôle comme on se sent vite chez soi au Smalls. L’accueil est des plus simples et des plus sympathiques. Et puis, la confiance règne : si l’on veut acheter un cd, il suffit de le prendre et de glisser dix dollars dans le petite urne qui se trouve juste à côté. « Non, il n’y a jamais eu de vol… Peut-être un oubli, une fois ou deux…», me dit, le sourire en coin, Mitch Borden, le patron du club.

Dans une ambiance très sombre, je longe le bar qui s’étend sur le côté et trouve une chaise face à la scène décorée de bric et de brocs, de cadres, de tapis, de miroirs et d’une photo de Louis Armstrong. Le club se remplit peu à peu pour être quasi plein à la fin du premier set.

Le quartette présente des nouveaux morceaux qui figureront sur le prochain album que le groupe enregistrera quelques jours plus tard et qui s’appellera «Wah-Wah».

Waldorff joue dans une certaine lignée de guitaristes américains actuels (Rosenwinkel en tête). Il y ajoute cependant sa petite touche personnelle en mélangeant à un swing parfois un peu paresseux de légers effets ondulants avec le vibrato. Waldorff semble souvent tourner autour de la musique, d’attendre que le thème se définisse un peu plus avant de plonger dedans. Il y a de la douceur dans son phraser et beaucoup de souplesse.

Smalls, Torben waldorff, matt clohesy, jon wilkan, gary versace, mitch borden

«You Hear» est construit à la manière d’un blues qui se développe lentement. Cela permet à Gary Versace de distiller des phrases riches et des improvisations nerveuses. Le contraste entre le pianiste et le guitariste est d’ailleurs plutôt bien dosé, l’un attise et l’autre semble contrôler. Derrière, Clohesy tisse des mailles subtiles. Il tire et rebondit sur les harmonies et les accords d’un Versace vraiment brillant. Sur «Ginga» (?), au tempo plus enlevé, Versace repart de plus belle. Son jeu est lumineux, les notes tombent en cascades, le morceau file. Mais l’univers de Torben se situe plutôt dans le feutré.

«Country And Fish» flirte avec la ballade folk un peu nostalgique et nonchalante. Pourtant, il y a toujours de la luminosité dans le jeu du guitariste, un peu froide cependant, un peu pâle («Flat N°2»).

Le deuxième set démarre de façon plus musclée, plus nerveuse. Jon Wilkam instille un rythme plus jungle. Son drumming monte en puissance et entraine toute la bande.

Versace explore les notes graves, va chercher dans «le fond du piano». Il fait rouler les notes en un ostinato obsédant. Il innerve parfois ses solos de clins d’œil classiques ou rappelle un madrigal. Et ça joue et ça galope. Et ce que Waldorff perd en précision, il le gagne en puissance.

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Alors que «Birds» balance comme un calypso - et permet des échanges très délicats et complices entre guitare et piano - «Heinmat» démarre de façon lymphatique avant de se transformer au fil du temps en un tonitruant et énergique final.

Torben Waldorff est un guitariste à découvrir qui joue dans un esprit relax, avec une énergie contenue, laissant le temps de s’installer un bouillonnement interne. A suivre certainement.

 

A+

21/04/2012

Matthieu Marthouret quartet au Sounds

Il y a un truc indéfinissable chez Matthieu Marthouret, c’est la façon dont il distribue les rôles dans son groupe. Il a une manière singulière d’arranger les morceaux pour que chacun y trouve une place. Jusque-là, c’est normal et c’est d’ailleurs un peu le but d’un arrangement… mais il y a quelque chose de particulier chez lui. Et comme c’est indéfinissable, je vais avoir du mal à vous le décrire. Il y a quelque chose d’impalpable et d’imperceptible qui flotte dans l’espace qu’il laisse aux autres musiciens. Quelque chose qui les guide ou qui, au contraire, les libère.

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L’organiste français arrive à créer une certaine dynamique, souvent intéressante et loin des clichés, pour faire vivre ses compositions. Il possède cette clairvoyance qui lui permet de construire des thèmes qui – pour être raffinés et plutôt élaborés - paraissent simples et donc très accessibles.

Il laisse souvent s’exprimer Nicolas Kummert (ts) ou Maxime Fougères (g) et vient de temps à autres souligner ou redessiner légèrement le thème avant d’improviser par dessus - à sa manière - comme pour y déposer un glacis fragile et trompeusement protecteur.

Bien soutenu par le druming efficace de Manu Franchi – on soulignera son solo énergique sur «564» par exemple - Marthouret dirige avec souplesse et fermeté son quartette et le fait surtout groover.

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«The Tree In The Backyard», qui ouvre le concert au Sounds, ce vendredi 30 mars, se joue en un duel amical mais musclé entre le guitariste et le saxophoniste. Il y a du Kenny Burrel chez l’un, un peu de Warne Marsh chez l’autre. Mais bien sûr, le quartette va bien au-delà de ces références. Kummert chante dans son sax (sur «Benz») et Fougères illumine de solis incisifs «Seeds» ou «Colours», tandis que Franchi fait tonner sa batterie et donne à l’ensemble un son bien actuel.

Marthouret mélange les ambiances : groovy («Old Milstone»), façon Rhoda Scott – même s’il ne se revendique pas de la dame aux pieds nus – lyrique, voire sentimental («Prelude»), ou très soul  («The Weird Monk») dans lequel il mélange habilement l’esprit de Monk à celui de Ramsey Lewis. Et  à chaque fois, il s’en sort avec légèreté.

Je vous avais déjà parlé du deuxième album du groupe ici. Je ne peux que le recommander à nouveau aux amateurs du genre pour les faire patienter en attendant que Matthieu Marthouret ne revienne faire une tournée chez nous.

 

A+

 

15/04/2012

Aka Moon - 20 years au Bota

Quand Fabrizio Cassol demande au public, à la fin du concert, combien étaient là lors du tout premier gig d’Aka Moon - il y a vingt ans - deux ou trois voix se font entendre. Mais lorsqu’il remonte le temps, les cris, les sifflets et les applaudissements se font de plus en plus nombreux. Jusqu’au délire. Il faut dire qu’il y avait foule à l’Orangerie du Bota ce jeudi 29 mars, pour fêter l’anniversaire de ce trio hors du commun.

Voilà 20 ans que Fabrizio Cassol, Stéphane Galland et Michel Hatzigeorgiou bousculent le petit monde du jazz avec un plaisir croissant année après année.

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Si Cassol a gardé son épaisse tignasse bouclée, Hatzi s’est un peu dégarni et Galland est maintenant chauve (mais c’est volontaire). L’univers musical, par contre, tout comme leur énergie créatrice et leur forte amitié sont toujours bien présents, renforcés... décuplés même.

Après avoir exploré les coins et les recoins des rythmes et des pulsations les plus improbables, après avoir fusionné et recréé la musique venue des quatre coins du monde, après avoir partagé les émotions et la philosophie d’amis et de musiciens parfois très éloignés de jazz, Aka Moon a voulu célébrer l’évènement simplement : en trio. Comme pour retourner à la source et retrouver la quintessence du groupe.

Ce soir, Aka Moon présentait la plupart des nouveaux morceaux écrits spécialement pour l’occasion et que l’ont retrouve dans le dernier et tout nouvel album du groupe : Unisson (Cypres Records).

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Unisson, voilà un titre qui veut bien dire ce qu’il veut dire. Les trois musiciens ne font qu’un.

Et malgré les polyrythmies qui caractérisent le groupe, Aka Moon affirme aussi de cette façon que ce qui les unit, c’est une certaine idée du jazz. Car, ensemble, ils inventent une musique plurielle, unique et personnelle puisqu'il faut bien l’avouer, le langage musical d’Aka Moon ne ressemble à rien d’autre qu’à celui d’Aka Moon. Un langage inventé de toute pièce, travaillé et peaufiné au fil des années. Mais, aussi complexe qu’il soit (ou qu’il peut paraître), il est compris par tous. C’est un langage universel. C’est cela aussi qui fascine – et parfois étonne – , c’est cette musique qui rassemble autant les amateurs de jazz, de rock, de musique contemporaine ou de world ainsi que toutes autres disciplines artistiques.

Et ce langage est en perpétuelle évolution. C’est une langue vivante qui nous surprend, nous désoriente parfois, mais qui nous interpelle toujours.

Même les membres du trio semblent parfois encore surpris des dialogues qui naissent entre eux. Pourtant, ils se connaissent par cœur. Cela leur permet d'ailleurs d’inventer dans l’instant, de pouvoir se «reposer» sur l’un ou de provoquer l’autre et de jouer, jouer, jouer. Des phrases, des mots, des expressions… chaque concert en révèle de nouveaux.

Ce soir, Aka Moon à réinventer une nouvelle fois Aka Moon, en revisitant quelques «classiques» («Aka Teri Ya», «Amazir») et en refaçonnant déjà les tous frais «Mirror», «Michel Is Back», «For Drummer Only» ou encore «Stésté».

Un concert magnifique, un anniversaire réussi. Alors, on ne souhaite qu’une chose, en reprendre pour vingt ans.

Ruez–vous sur Unisson et ne manquez les prochains concert d’Aka Moon. Amis Parisiens, rendez-vous au New Morning le 24 mars… et pour tous les autres, notez déjà dans vos agendas le Vooruit, De Singer, Jazz à Liège, au Jazz Marathon... et plus tard une résidence à la Jazz Station !

A+

16:48 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |