26/04/2012

Brooklyn Boogaloo Blowout feat Chris Cheek au 55 Bar NY

D’accord, il s’agissait plus d’une grosse jam, d’une grande fête, que d’un concert dans les «règles de l’art», ce vendredi 6 avril au 55 Bar à New York. Mais il faut dire aussi qu’il s’agissait du Brooklyn Boogaloo Blowout.

J’avais prévu de venir écouter, la veille, Chris Potter (avec Adam Rogers, Dave Virelles et Nate Smith… excusez du peu), mais la fatigue en avait décidé autrement. Avec le Brooklyn Boogaloo Blowout, j’ai quand même eu droit à Tony Mason (dm), Tim Luntzell (eb), Andrew Sherman (key), Bill Sims Jr (eg) et Chris Cheek (ts)… Qui s’en plaindrait ?

55 bar,chris cheek,andrew sherman,bill sims jr,tim luntzell,tony mason

Il est plus de 22h. et le célèbre club est bondé. Il y a une ambiance électrique mais l’accueil est, ici aussi, cool et décontracté. Les gens ont le sourire. On se parle comme si on se connaissait depuis toujours. Les éternelles guirlandes de lumière courent le long des murs couleur crème sur lesquels sont accrochés de nombreuses photos de gigs et de jazzmen.

Dans le fond de la salle le groupe reprend des standards de funk, de blues et de soul  («Soul Drum», «I Say A Little Prayer», ...) ainsi que quelques compositions personnelles. Ici, on ne se pose pas de question. On joue. On n’est pas là pour cachetonner. Ça transpire, ça souffle et ça frappe. Bref : ça joue !

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C’est souvent Tim Luntzell qui amorce les premières pulsations. Ses lignes de basse mettent vite le feu aux poudres et, aussitôt, Tony Mason embraie, avec une frappe sèche et précise… et le reste suit.

Sur son orgue, Andrew Sherman excite et brûle les notes. Ses doigts rebondissent sur le clavier. Ça sonne comme dans les années ’70. Et sur cette base incandescente, Bill Sims Jr. attise un peu plus le feu, à la manière du vrai bluesman qu’il est. Sorte de force tranquille, à la Howlin' Wolf ou BB King, il place quelques riffs, bien sentis, bien choisis, juste au bon moment, au bon endroit. Aucune démonstration ici, mais le sens de la note juste, celle qu’on comprend, celle qu’on n’explique pas. Il laisse glisser ses doigts sur les cordes et, sans effort, fait groover sa guitare.

Et puis il laisse la place à Chris Cheek très en verve, qui ponctue de notes graves ses envolées légères et papillonnantes. Il y a un échange permanant sur des rythmes entêtants.

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Entre deux gorgées de bière, le public dodeline de la tête, en mesure. Il tape du pied et claque des doigts quand il ne frappe pas dans les mains. Certains, devant, se sont levés de leur tabouret pour mieux bouger sur ces rythmes sans équivoque, ces tempis diaboliques, ce boogaloo enfiévré.

Pour certains, c’est sûr, la nuit ne fait que commencer.

Je remonte les marches du club qui me ramènent dans Christopher Street. L’un des serveurs me demande si j’ai apprécié le concert. Je lui réponds par l’affirmative et lui promets de revenir…

Je reprends le métro, j'ai de la musique plein la tête. New York ne s’arrête jamais.

A+

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