21/04/2012

Matthieu Marthouret quartet au Sounds

Il y a un truc indéfinissable chez Matthieu Marthouret, c’est la façon dont il distribue les rôles dans son groupe. Il a une manière singulière d’arranger les morceaux pour que chacun y trouve une place. Jusque-là, c’est normal et c’est d’ailleurs un peu le but d’un arrangement… mais il y a quelque chose de particulier chez lui. Et comme c’est indéfinissable, je vais avoir du mal à vous le décrire. Il y a quelque chose d’impalpable et d’imperceptible qui flotte dans l’espace qu’il laisse aux autres musiciens. Quelque chose qui les guide ou qui, au contraire, les libère.

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L’organiste français arrive à créer une certaine dynamique, souvent intéressante et loin des clichés, pour faire vivre ses compositions. Il possède cette clairvoyance qui lui permet de construire des thèmes qui – pour être raffinés et plutôt élaborés - paraissent simples et donc très accessibles.

Il laisse souvent s’exprimer Nicolas Kummert (ts) ou Maxime Fougères (g) et vient de temps à autres souligner ou redessiner légèrement le thème avant d’improviser par dessus - à sa manière - comme pour y déposer un glacis fragile et trompeusement protecteur.

Bien soutenu par le druming efficace de Manu Franchi – on soulignera son solo énergique sur «564» par exemple - Marthouret dirige avec souplesse et fermeté son quartette et le fait surtout groover.

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«The Tree In The Backyard», qui ouvre le concert au Sounds, ce vendredi 30 mars, se joue en un duel amical mais musclé entre le guitariste et le saxophoniste. Il y a du Kenny Burrel chez l’un, un peu de Warne Marsh chez l’autre. Mais bien sûr, le quartette va bien au-delà de ces références. Kummert chante dans son sax (sur «Benz») et Fougères illumine de solis incisifs «Seeds» ou «Colours», tandis que Franchi fait tonner sa batterie et donne à l’ensemble un son bien actuel.

Marthouret mélange les ambiances : groovy («Old Milstone»), façon Rhoda Scott – même s’il ne se revendique pas de la dame aux pieds nus – lyrique, voire sentimental («Prelude»), ou très soul  («The Weird Monk») dans lequel il mélange habilement l’esprit de Monk à celui de Ramsey Lewis. Et  à chaque fois, il s’en sort avec légèreté.

Je vous avais déjà parlé du deuxième album du groupe ici. Je ne peux que le recommander à nouveau aux amateurs du genre pour les faire patienter en attendant que Matthieu Marthouret ne revienne faire une tournée chez nous.

 

A+

 

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