15/04/2012

Aka Moon - 20 years au Bota

Quand Fabrizio Cassol demande au public, à la fin du concert, combien étaient là lors du tout premier gig d’Aka Moon - il y a vingt ans - deux ou trois voix se font entendre. Mais lorsqu’il remonte le temps, les cris, les sifflets et les applaudissements se font de plus en plus nombreux. Jusqu’au délire. Il faut dire qu’il y avait foule à l’Orangerie du Bota ce jeudi 29 mars, pour fêter l’anniversaire de ce trio hors du commun.

Voilà 20 ans que Fabrizio Cassol, Stéphane Galland et Michel Hatzigeorgiou bousculent le petit monde du jazz avec un plaisir croissant année après année.

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Si Cassol a gardé son épaisse tignasse bouclée, Hatzi s’est un peu dégarni et Galland est maintenant chauve (mais c’est volontaire). L’univers musical, par contre, tout comme leur énergie créatrice et leur forte amitié sont toujours bien présents, renforcés... décuplés même.

Après avoir exploré les coins et les recoins des rythmes et des pulsations les plus improbables, après avoir fusionné et recréé la musique venue des quatre coins du monde, après avoir partagé les émotions et la philosophie d’amis et de musiciens parfois très éloignés de jazz, Aka Moon a voulu célébrer l’évènement simplement : en trio. Comme pour retourner à la source et retrouver la quintessence du groupe.

Ce soir, Aka Moon présentait la plupart des nouveaux morceaux écrits spécialement pour l’occasion et que l’ont retrouve dans le dernier et tout nouvel album du groupe : Unisson (Cypres Records).

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Unisson, voilà un titre qui veut bien dire ce qu’il veut dire. Les trois musiciens ne font qu’un.

Et malgré les polyrythmies qui caractérisent le groupe, Aka Moon affirme aussi de cette façon que ce qui les unit, c’est une certaine idée du jazz. Car, ensemble, ils inventent une musique plurielle, unique et personnelle puisqu'il faut bien l’avouer, le langage musical d’Aka Moon ne ressemble à rien d’autre qu’à celui d’Aka Moon. Un langage inventé de toute pièce, travaillé et peaufiné au fil des années. Mais, aussi complexe qu’il soit (ou qu’il peut paraître), il est compris par tous. C’est un langage universel. C’est cela aussi qui fascine – et parfois étonne – , c’est cette musique qui rassemble autant les amateurs de jazz, de rock, de musique contemporaine ou de world ainsi que toutes autres disciplines artistiques.

Et ce langage est en perpétuelle évolution. C’est une langue vivante qui nous surprend, nous désoriente parfois, mais qui nous interpelle toujours.

Même les membres du trio semblent parfois encore surpris des dialogues qui naissent entre eux. Pourtant, ils se connaissent par cœur. Cela leur permet d'ailleurs d’inventer dans l’instant, de pouvoir se «reposer» sur l’un ou de provoquer l’autre et de jouer, jouer, jouer. Des phrases, des mots, des expressions… chaque concert en révèle de nouveaux.

Ce soir, Aka Moon à réinventer une nouvelle fois Aka Moon, en revisitant quelques «classiques» («Aka Teri Ya», «Amazir») et en refaçonnant déjà les tous frais «Mirror», «Michel Is Back», «For Drummer Only» ou encore «Stésté».

Un concert magnifique, un anniversaire réussi. Alors, on ne souhaite qu’une chose, en reprendre pour vingt ans.

Ruez–vous sur Unisson et ne manquez les prochains concert d’Aka Moon. Amis Parisiens, rendez-vous au New Morning le 24 mars… et pour tous les autres, notez déjà dans vos agendas le Vooruit, De Singer, Jazz à Liège, au Jazz Marathon... et plus tard une résidence à la Jazz Station !

A+

16:48 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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