30/03/2012

Franck Amsallem Solo - Maison des Arts Schaerbeek

 

C’est ce vendredi 23 mars, à la Maison des Arts à Schaerbeek, dans le cadre du cycle Jazz Now, que se produisait en solo le pianiste et chanteur Franck Amsallem.

Peu de monde (Crise ? Pas assez pub ?) pour entendre cet excellent pianiste qui se fait rare chez nous. Il est vrai que l’homme est lui-même assez discret. Malgré ses neuf disques (très souvent salués, à juste titre, par la critique), 20 ans de carrière aux States (aux côtés de Randy Brecker, Joshua Redman, Tim Ries ou Gary Peacock, entre autres) et de nombreuses tournées en Afrique du Sud, en Amérique Latine, en Chine et un peu partout en Europe, il ne fait pas beaucoup parler de lui. Il préfère sans doute laisser parler sa musique.

jazz now,franck amsallem

En attendant le début du concert, Franck Amsallem est attablé à la terrasse de l’Estaminet, dans la cour intérieure de cet ancien hôtel de maître. J’en profite pour parler un peu avec lui, de son parcours, de ses projets et de sa façon d’appréhender le piano solo et le jazz vocal. Puis il est temps de rejoindre le petit salon où se déroule le concert.

L’endroit est intime et propice à ce genre d’exercice en solitaire. Cela ressemble presque à un concert à domicile. D’ailleurs, tout se déroule de façon très naturelle, sans prétention et sans chichis. Le plancher craque, les chaises grincent un peu, la lumière est basse... Atmosphère.

Amsallem entame la soirée avec «Out A Day» (librement inspiré de «Night And Day»), enchaine avec une ballade tendre et romantique («Dee») puis explore un jazz où les emprunts à la musique classique contemporaine (Stravinsky ? Bartók ?) ne sont pas totalement étrangers («Runing After Eternity»).

Mais là où ça devient étonnant - et où le pianiste affiche toute sa personnalité - c’est lorsqu’il reprend quelques titres de Thelonious Monk.

Intelligemment, il garde l’esprit et rejette l’imitation. Il plaque les accords avec force sur «Ask Me Know», découpe «Monk’s Dream» avec habileté et dépouille finement «‘Round Midnight». Sans effet appuyé. Sans joliesse… sauf celle de Monk. Cette beauté «ugly» qui n’appartient qu’au maître. Alors, Amsallem tourne autour de «Evidence», qu’il assemble comme un puzzle, puis termine en douceur et en sensibilité avec «Reflections».

Très beaux moments.

Au second set, après une version soul et musclée de «Summertime» et un hommage à Michael Brecker («In Memoriam»), le pianiste se fait chanteur.

jazz now,franck amsallem

Et «Second Time Around» (de Frank Sinatra), «There Will Never Be Another You», «The Song Is You» ou encore une très beau «Body And Soul» nous convainc totalement qu’Amsallem est aussi bon chanteur que pianiste. En toute décontraction, il arrive à faire passer beaucoup d’émotions. Sans aide de micro ni d’amplification, sa voix «passe». Une voix chaude aux légères intonations de crooner. Avec fluidité, naturel et sans maniérisme, avec une diction claire et simple, il impose, ici aussi, une vraie personnalité. C’est sûr, Amsallem met les mots en valeur. A sa façon. Et pour notre grand plaisir.

Beau et très agréable concert.

On aimera certainement le revoir, en solo ou en trio (le projet est déjà sur les rails) et cette fois-ci, espérons-le, avec un peu plus de public.

A+

 

 

16:10 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jazz now, franck amsallem |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.