27/02/2012

Seb Llado Quartet au Sounds

Après 7 ans de travail en commun et un très bon album enregistré au Sunset à Paris, Sébastien Llado change son équipe. A la place de Leila Olivesi (p), Bruno Schorp (cb) et Julie Saury (dm), voici Rémy Decormeille (p), Yoni Zelnik (cb) et Gautier Garrigue (dm).

Samedi 18, ils étaient de passage à Bruxelles, au Sounds.

Bonne surprise, le club est plutôt bien rempli lorsque j’arrive au milieu du premier set (concert de Nguyên Lê au Senghor, juste avant, oblige).

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Sur la scène, le tromboniste français a déjà bien mis en poche une partie du public qui le découvrait, pour la plupart, pour la première fois. C’est que Llado a le sens du show, il a du charisme aussi et un bagout qui le rend attachant tout de suite.

L’ayant vu au Marni voici quelques années déjà et connaissant le disque, on est un peu surpris par ce nouvel esprit musical. Oui, quelque chose a changé. Le son est légèrement différent. L’ensemble est peut-être un peu moins doux, moins tendre. Il y a peut-être un peu plus de rugosité dans les arrangements. Bien sûr le lyrisme et la poésie, le sens des harmonies et des mélodies sont toujours bien présents.

Mais il semblerait que le groupe aime aussi chercher d’autres chemins, prendre un peu plus de risques. Est-ce le jeune batteur Gautier Garrigue qui pousse, avec la complicité non feinte de Rémy Decormeille, à mélanger les mesures composées ? Est-ce le jeu ferme de Yoni Zelnik, qui interagit de façon vive, une fois encore, avec le batteur ?

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Il faut dire que c’est leur quatrième concert ensemble et que les musiciens se découvrent parfois encore un peu. Ce n’est que plus excitant car chacun est attentif et personne ne la joue en roue libre.

Et puis, il y a ces moments plus intimes, plus sombres, tout en décalages, en non-dits.

Ça, c’est la force de Llado qui amène toujours une pointe d’insolence dans les morceaux plus lyriques ou un soupçon de dérision dans les moments plus enlevés. Il alterne trombone et coquillages puis il utilise le loop sur des tempos langoureux pour improviser en solo. Un couche de trombone, une de conque, un feulement, un claquement… Il construit son univers. Et puis, «La Madrague», ça marche toujours. Et le public, toujours présent malgré l’heure tardive, savoure.

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Alors, on redécouvre «Haut, bas : fragile» ou «L’aube de girafes» (prétexte à de solides impros) sous une autre lumière. Ensuite, un «In A Mean Time» plus bluesy que jamais et un «Billie Jean» toujours aussi jubilatoire. Rémy Decormeille étonne dans un jeu souvent très percussif dans lequel il aime aller sonder les notes graves de l’instrument. Quant à Gautier Garrigue, il délivre un drive nerveux, tendu et efficace. La rythmique pousse Sébastien Llado à se lâcher un peu plus, à être plus incisif parfois. Car Llado a le cœur tendre. Si tendre, qu’il ne peut refuser de partager la scène, le temps de deux morceaux en début de second set, avec la très jeune chanteuse (et un poil culottée quand même!!) Brenda Mada

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Le nouveau Llado est orbite et, avec ses deux «L», on le sent prêt à s’envoler vers de nouvelles aventures. Sûr qu’on le reverra rôder en Belgique bientôt. C’est, en tout cas, ce qu’on lui souhaite et que l’on espère.

 

A+

 

 

 

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