26/02/2012

Nguyên Lê à l'Espace Senghor

La très jolie salle de l’Espace Senghor est quasi sold-out ce samedi 18 février. Sur le grand rideau rouge, au fond de la scène, la lumière dessine un grand motif asiatique.

Nguyên Lê vient présenter son dernier album : «Songs Of Freedom». Avant le concert, j’en profite pour en parler avec lui (interview à suivre bientôt sur Citizen). L’homme est d’une gentillesse peu commune et a des choses à dire.

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«Songs Of Freedom» est une réflexion et un travail intelligent basés sur les «standards» des années ’70, à savoir le rock de Led Zeppelin, des Beatles, de Janis Joplin, de Stevie Wonder, de Bob Marley ou encore de Cream

Nguyên Lê a grandi avec cette musique - un peu comme nous tous - mais il n’avait jamais aussi clairement exprimé tout l’amour qu’il lui portait. Bien sûr, il y avait eu «Purple» (en 2002) qui rendait hommage à Jimi Hendrix, mais ce projet-ci va bien plus loin.

Nguyên Lê invite le rock à se mélanger au jazz et aux musiques nord-africaines, indiennes et asiatiques. Mais attention, il ne s’agit pas ici de superpositions ou de juxtapositions de cultures, il s’agit d’intégration absolue, de fusion totale. Il s’agit véritablement de world music.

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Contrairement au disque, sur lequel il y a une pléiade d’invités plus extraordinaires les uns que les autres (Youn Sun Nah, David Binney, David Linx, Dhafer Youssef, Prabhu Edouard, entre autres), sur scène, ils sont cinq… Et ils ont de l’énergie à revendre !

Nguyên Lê a envie de rock et, entouré de Stéphane Galland (dm) Linley Marthe (eb), Illya Amar (vib) et Himiko Paganotti (voc), il compte bien le faire entendre.

C’est d’abord «Mercedes Benz», en duo chant et guitare, qui ouvre le concert. Une transe douce et irrésistible s’installe. La voix chaude et grave de Paganotti nous file des frissons. Et la machine est lancée. Un «I Wish» sur un groove indien infernal suivi d’un «Move Over», qui donne droit à un duel terrible entre batterie et vibraphone, donnent le ton. Mesures (dé)composées, rythmes explosés, variations perpétuelles, on frôle la démence. On croit que «Eleanor Rigby» va calmer le jeu mais, après une entrée en matière sur un mode balinais, le morceau se mue en un rock furieux. Les riffs de Nguyên Lê sont sans appel, et la disto nous met sens dessus dessous.

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Nguyên, toujours virtuose et poétique, nous emmène alors vers d’autres horizons. Sur une rythmique obsédante et hypnotique, «Pastime Paradise» se colore de mille et une idées différentes pour que rien ne se répète jamais. Le calme, la tranquillité, le recueillement presque, ne sont présents que pour donner encore plus de puissance et de furie rock à la suite.

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Linley Marthe louvoie entre la guitare, les assauts de la batterie et les éclats d’un vibraphone qui amène souvent de la rondeur et  du relief  étonnant (comme sur «Come Together», par exemple). Himiko Paganotti - peut-être un rien plus à l’aise dans les graves (?) - se démène comme une tigresse et s’adapte à toutes les situations. Elle a une présence incroyable sans jamais être envahissante. C’est clair, il y a une véritable idée de groupe dans ce quintette.

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Et si les morceaux s’ouvrent à de longues et intenses improvisations, le concert file vite.

Et le public en redemande.

Alors, en rappel, «Whole Lotta Love» fait à nouveau trembler les murs et Linley Marthe se déchaine de plus belle. Il slappe, désaccorde sa guitare pour en tirer des sons enragés. Un vrai volcan en irruption…

Tonnerre d’applaudissements. On s’en est pris plein les oreilles !



Je raccompagne mes amis de «Jazz à Souillac» en visite à Bruxelles et je vais, sous la pluie, au Sounds écouter un autre style de jazz : Sebastien Llado… Mais c’est une autre histoire.

 

A+

Commentaires

Ah ben on a bien écouté le même concert.
;-)
A bientôt Jacques

Écrit par : Gilles | 26/02/2012

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