31/01/2012

Multitude au Sounds

J’avais rencontré le batteur Nico Manssens lorsqu’il jouait aux côtés de Sophie Tassignon, dans le groupe Zoshia.

Dernièrement, il vient de former son propre groupe : Multitude.

Le nom nous donne déjà quelques indices sur l’orientation musicale : elle sera multiple. Et ce n’est qu’une demie surprise, connaissant le goût du leader pour les musiques parfois bien éloignées du jazz (le hip hop de Skeemz, la pop de Philippe Robrecht…).

La première originalité vient du line-up du quartette : une guitare (Peter Verhelst), une flûte (Stefan Bracaval) et une contrebasse (Chris Mentens). La seconde est due, bien sûr, aux compositions et à ses arrangements.

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Multitudes évoque d’abord Weather Report ou Return To Forever... Mais ne commençons pas à faire des classifications sectaires, ni à coller des étiquettes définitives : la musique de Multitude se colore d'éléments tellement différents que cela en serait stupide. On y décèle les influences rock et pop, mais aussi ethniques ou folkloriques. Et c’est cela qui fait la singularité du groupe.

Le samedi 17 décembre, le Sounds accueillait le jeune groupe pour la sortie du premier album : Dog Of Teahan.

Le concert démarre de façon assez atmosphérique. Chris Mentens joue les effets électro sur la contrebasse et distille une ambiance étrange, presque oppressante. Peter Verhelst vient alors trancher de quelques riffs de guitare ce paysage futuriste. Puis Bracaval fait vibrer l’air de sa flûte, et le morceau très évolutif (« Where Do You Wanna Be ») s’envole. Multitudes vient de poser les bases de son univers.

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« Maria’s Loker » est plus spontané. Et cette fois-ci, c’est sur la flûte que se focalisent les effets. Une longue intro sur «The Spell Of The Dancing Toad» nous maintient ensuite dans une ambiance amniotique avant que Peter Verhelst ne lâche ses premiers accords tranchants à la guitare. Puis, tel un bruit « venu du dehors », le solo de Bracaval entraine Nico Mansens à terminer le morceau en un final quasi hard rock. La frappe du batteur se fait des plus brutales. Mais Manssens a plus d’un tour dans son jeu. Il peut balancer entre rock ethnique et finir dans un style plutôt drum ‘n bass, rapide, nerveux et ouvert, comme sur « Dog Of Teahan ».

Bracaval, de son côté, sature parfois à outrance le son de sa flûte afin de mieux le mélanger aux stridences de la guitare. Le jeu de Verhelst est parfois traversé de fulgurances orientales. Il dessine ses arabesques avec fluidité. Chris Mentens passe de l’archet (qu’il agrémente subtilement de reverb) au pizzicato traditionnel, en faisant des détours par des effets électro détonnants.

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Chaque morceau est très écrit mais laisse quand même pas mal d’ouvertures aux musiciens. On sent souvent flotter chez eux une belle liberté d’esprit.

Certains éléments harmoniques (sur « Departure », notamment) font des clins d’œil à Robert Wyatt. On se prend l’envie même, par moments, de réécouter aussi King Crimson.

Multitudes ne cesse d’alterner moments mystérieux – aux rythmes langoureux – et moments nettement pus agressifs – aux accents plus prog-rock.

Si l'on prendra plaisir à écouter l’album (joliment produit), Multitude se révèle encore plus sur scène (surtout lors de ce deuxième set). A voir et à suivre, donc, car ce jazz-là n’est pas des plus habituels. Qu’on se le dise.

A+

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