10/12/2011

Mauro Gargano Music Village


Mauro Gargano est un contrebassiste très demandé à Paris. On le voit souvent aux côtés de Christophe Marguet, Franceso Bearzati, Bruno Angelini, Pierre de Bethmann, Bertrand Lauer et autres. La dernière fois que je l’ai vu en Belgique, c’était avec le groupe de Giovanni Falzone, au PP Café, avec Luc Isenmann, Robin Verheyen et toujours Bruno Angelini.

Cette année, il a enfin formé son propre groupe, ou plutôt enregistré et publié son premier album en leader, car son groupe, il l’a formé voici… près de dix ans.

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Si ce premier disque s’intitule « Mo’ Avast » (qui veut dire « Ça suffit !» dans le dialecte italien de la région de Bari) c’est parce que, justement, il était temps qu’il passe à l’acte. Mais c’est aussi une sorte de coup de gueule envers la politique italienne gangrenée par Berlusconi. Et au moment où sort son disque, miracle, le Cavaliere quitte ses fonctions. Qui a dit que la musique n’avait pas de pouvoir ?

C’est donc cet album qu’il était venu présenter au Music Village ce mercredi 30 novembre.

Un quartette sans instrument harmonique, ce n’est pas de tout repos pour les deux saxophonistes qui se retrouvent devant. Ils ont intérêt à toujours être sur la balle et à ne jamais relâcher l’attention. Heureusement, les compositions de Mauro Gargano sont efficacement équilibrées. Les mélodies sont souvent enlevées et entraînantes, plutôt nerveuses, laissant régulièrement le champ libre au ténor fougueux de Francesco Bearzati ou à l’alto agile de Stéphane Mercier.

Entre eux, la musique circule et les deux souffleurs peuvent dialoguer et échanger à merveille.

Si on le connaît incisif (voire même parfois intenable), Bearzatti est d’abord ici  au service du groupe. Pas de problème d’ego dans ce quartette ! Une fois il soutient Mercier, une fois c’est l’inverse. Mais quand il prend un chorus, il se lâche vraiment. Et c’est là qu’il montre qu’il est bien l’un des saxophonistes les plus talentueux d’Europe. Et puis, lorsqu’il empoigne la clarinette, il nous fait entrer dans un tout autre univers, rempli d’émotions où la joie, la tendresse ou la tristesse se mélangent… comme dans la vie.

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Mauro Gargano, dont le timing est assez impressionnant, démontre – outre ses talents de compositeur - toute sa dextérité et sa sensibilité au fil des morceaux. Son solo à l’archet (sur le magnifique « 1903 ») vous arracherait presque une larme. Il fait vibrer les cordes, joue tout en profondeur avant de revenir « en surface » avec délicatesse.

Fabrice Moreau (dm) - qu’on a vu avec Pierrick Pedron ou encore Jean-Philippe Viret - joue rarement en force mais impose une énergie galavnisante. Son impro sur « Orange » est dessinée avec beaucoup d’intensité et de raffinement. Il passe des balais aux baguettes avec fluidité avant de relancer le jeu avec fermeté.

Et puis, on redécouvre aussi un Stéphane Mercier comme on l’a rarement entendu. Ou du moins comme on ne l’avait plus entendu depuis longtemps (en tout cas pour ma part). On le sent libéré, près à toutes les aventures. Sur une reprise d’Ornette Coleman, il est étonnant, libre comme l’air.

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Si le premier set est puissant, le deuxième est peut-être un peu plus intériorisé. Les compositions choisies sont peut-être un peu plus complexes, plus ciselées, presque dentelées… On y retrouve cependant toujours quelque chose qui brûle. Comme une tension permanente, comme un bouillonnement intérieur, comme un esprit de liberté mâtiné d’insouciance et de spontanéité. Il y a dans ce groupe autant de poésie (de lyrisme ?) que de fougue. Une poésie actuelle et décomplexée, dépourvue de maniérisme et débarrassée de tout intellectualisme pompeux. Sur « Turkish Mambo », par exemple, le groupe laisse de côté les clichés, s’éloigne de la lettre mais garde l’esprit. Sûr que cela aurait plu à Tristano.

J’avais dit : « je rentre aussitôt après le concert ». Mais, vous savez comment ça va. Je discute avec les musiciens et me voilà entraîné au Bonnefooi, quelques dizaines de mètres plus loin pour écouter d’autres amis (« Remember Frank ? » avec Jordi Grognard, Nicola Lancerotti et Tommaso Cappellato). Le concert vient juste de se terminer. Mais, à votre avis, que font les jazzmen lorsqu’ils rencontrent d’autres jazzmen ? Ils jamment, bien évidemment. Et tout le monde ressort ses instruments… et moi, je rentre beaucoup plus tard que prévu.



A+

Commentaires

Hello,
merci pour ce beau partage ! Je ne manquerais pas de suivre leur actualité.

Amélie

Écrit par : violon | 18/01/2012

Si vous voulez écouter le CD de Mo' Avast Band, il est disponible sur le site http://www.maurogargano.net/Mauro_Gargano/Shop.html

Écrit par : cristina | 24/01/2012

La création régulière de communiqués de presse spinnés me donne la possibilité de produire un nombre raisonnable de contenus différents pour procurer à mes sites internet un contenu texte travaillé et très qualitatif.,

Écrit par : comparateur mutuelle | 07/03/2012

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