24/08/2011

Residual - Peter Knight & Dung Nguyen

 

2 musiciens.

L’un est Australien, l’autre Vietnamien. L’un est trompettiste mais manipule aussi le laptop et le piano préparé. L’autre est guitariste mais joue surtout du Dan Tranh ou du Dan Bau (instruments traditionnels Thaï ressemblant au sitar).

Peter Knight et Dung Nguyen jouent ensemble au sein du quintette Way Out West (dont Jazz Frisson avait rapidement évoqué le passage au Festival de Montréal en 2008).

Allant peut-être encore un peu plus loin dans la recherche de fusion entre la musique contemporaine occidentale et la musique vietnamienne, le duo vient de sortir Residual chez Parenthèse Records, un jeune label Australien à suivre de près.

Peter Knight, Dung Nguyen, parenthese records, australie, way out west

Jazz? Oui et non. Enfin, pas vraiment. Mais chez Jazzques, on n’est pas sectaire. Et encore moins lorsque la musique est intéressante.

Alors, on dira plutôt que ce projet se rapproche plus de la musique concrète ou du krautrock à la Tangerine Dream - marquée de l’empreinte de la musique vietnamienne - et malaxée, trafiquée, triturée et passée à la moulinette de l’électro-acoustique.

«Residual», le titre qui ouvre l’album, est d’abord d’une longue descente en apnée. Neuf minutes de son étendus, distendus, détendus. La musique se dépose par fines couches. De longues notes, tantôt graves, tantôt diaphanes jouent l’alternance avec des motifs parfois répétitifs. Sur ce tapis, les notes flottent comme de fines particules de sons. Aussi cristallines que métalliques. La résonance particulière du Dan se mélange au souffle d’une trompette fantasmagorique, et les mélodies brumeuses s’incorporent aux bidouillages électroniques.

«Minky Star» rebondit sur des sons tubulaires, comme des résonances de gongs. Puis, le duo mélange les boucles musicales avec des interférences, des crachotis ou des vibrations. Certains passages rappellent les expérimentations d’Arve Henriksen. La musique est flottante, aérienne ou aquatique, c’est selon. Finalement, «Phase Pedal» explore les rythmes post-industriels, un groove s’installe insidieusement avant que la douceur cotonneuse ne revienne emballer l’ensemble.

Musique étrange et intrigante qui va sans doute en irriter plus d’un qui pourrait trouver qu’il ne s’y passe rien. Pourtant…

Pourtant, en ouvrant bien les oreilles et son esprit, cette musique vous pénètre profondément et inocule imperceptiblement votre cortex. Le voyage est pur et ne dure que quarante minutes. Mais ce sont quarante minutes de finesse.

A+

 

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