04/06/2011

Fabrice Alleman New Quartet à la Jazz Station

Le nouveau quartette de Fabrice Alleman joue sur la spontanéité. Spontanéité dans les compositions mais aussi dans la façon de les exposer. C’est un peu comme si le saxophoniste ne voulait pas trop réfléchir la musique mais plutôt la sentir. C’est d’ailleurs pour cela qu’il a appelé son groupe «Obviously». La plupart des morceaux ont été composés très intuitivement et proposés rapidement au groupe dans lequel on retrouve Reggie Washington à la basse électrique et à la contrebasse, Nathalie Loriers  au Fender Rhodes et Lionel Beuvens à la batterie.

fabrice alleman, nathalie loriers, reggie washington, lionel beuvens, jazz station, jean-philippe collard-neven

Avec une telle équipe, on peut imaginer que la musique ne sera pas figée non plus. En plus, on devine les intentions de Fabrice Alleman lorsqu’il convoque Reggie Washington mais plus encore lorsqu’il demande à Nathalie Loriers de s’installer derrière le Fender Rhodes plutôt que le piano. Il a envie d’entendre des mélodies c’est sûr, mais il a aussi envie que ça groove. Vérification à la Jazz Station, ce mercredi 18 mai.

Après avoir démarré avec un morceau de Tony Williams, histoire de se chauffer, le groupe entame une suite en trois parties: «Morning», «The Afternoon» et - logiquement - «The Evening». Le début est chanté, un peu à la manière de Bobby McFerrin, avant d’évoluer petit à petit vers le blues et se terminer en un soul-funk qui n’est pas sans rappeler les frères Adderley.

L’intention devient réalité.

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Avec ce groupe, Alleman lance aussi des ponts entre tradition et modernité. Et les échanges, parfois musclés et un tantinet désarticulés, entre lui et Lionel Beuvens, sont là pour le prouver. Les break du batteur, sont tendus et secs, mais gardent une extrême musicalité. Quant à Reggie Washington, il navigue entre souplesse et fermeté. Il n’hésitera pas, en fin de concert, à se lancer dans quelques slap qui pigmenteront un peu plus le funk implicite.

Au Fender, Nathalie Loriers, ne délaisse pas, comme prévu, son lyrisme caractéristique, mais le transforme en de nerveuses envolées groovy.

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Le ténor est parfois âpre et rauque, mais on y décèle toujours une pointe de douceur et de tendresse. Et inversement, dans les ballades, Fabrice parvient toujours à glisser une petite pointe de mordant. Le quartette alterne ballades («Like A Little Hope», «Don’t Say It’s Impossible», déjà entendu avec Jean-Philippe Collard-Neven) et thèmes plus incisifs («J.J.», «Trio For All») avec un beau tempérament.

La musique circule, les musiciens sont complices et le public de la Jazz Station savoure.

Et il lui faudra bien, en rappel, un thème brûlant (dont le nom m’échappe) de Joe Henderson pour le rassasier définitivement.

Le quartette compte encore tourner un peu et continuer à rôder la «machine», avant d’envisager l’enregistrement d’un album qui devrait, à coup sûr, bien sonner.


A+

 

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