12/05/2011

Raphaël Imbert Project - Live au Tracteur

 

Qui a dit que le jazz en France c’était Paris? Ce serait un peu trop vite oublier Lille, Nantes, Marseille, Caen, Lyon ou… Puimoisson.

Puimoisson?

C’est un petit village perdu dans les Alpes-de-Haute-Provence.

C’est là, ou du moins dans la région, que s’est installé Raphaël Imbert depuis cinq ans. Retour aux sources, concentration sur la musique et sur son sens. Envie de renouer des liens entre l’art, la culture et les gens. Là-bas, et plus précisément à Marseille, l’association qu’il a mis sur pieds s’appelle La Compagnie Nine Spirit et propose des conférences, des débats ou des missions pédagogiques dans des écoles. Nine Spirit produit également des projets musicaux, tels que Newtopia, Bach Coltrane, le récent Mozart Ellington et Raphaël Imbert Project USuite.

La première fois que j’ai entendu parler et vu Raphaël Imbert, c’était en 2OO5 au Marni. Le saxophoniste faisait partie du quintet Knom (avec Cédrick Bec et Michel Péres, entre autres, membre de Nine Spirit également). Cette fois-ci, on le retrouve avec les musiciens avec qui il avait déjà enregistré son NY Project: Joe Martin (cb) et Gerald Cleaver (dm) auxquels il a accolé le vibraphoniste français Stephan Caracci, entendu avec Big 4.

Puimoisson, c’est le restaurant «Le Tracteur»!

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Live au Tracteur!

Le titre peut faire sourire. Live au Tracteur… quel formidable album! Plein d’énergie et de passion, d’intensité et d’idées!

Dès le départ, ça bouillonne, ça brûle, ça trépigne. En guise de mise en bouche «Shared Temples» distribue les cartes, puis «Ecosystem Of Citybirds» fonce tête baissée. Imbert ne nous aurait pas écrit dans ses liner-notes qu’il s’agissait d’un hommage à Bird, mais aussi à Roland Kirk ou Eric Dolphy, qu’on l’aurait soupçonné. Bon dieu que ça sonne et que c’est vif! Imbert fait feu de tous bois et de tous cuivres. Exécution fluide et limpide, animée par une flamme intérieure intense. Imbert est porté, mais aussi poussé, par une rythmique d’enfer. La prise de son est impeccable et permet d’entendre aussi bien la musique que les réactions enthousiastes du public. Qu’est ce qu’on a envie d’y être dans ce restaurant où trône fièrement ce tracteur rouge. Qu’est ce qu’on a envie d’être parmi ces privilégiés d’un soir. Qu’est ce qu’on a envie de voyager avec ce groupe.

Alors, Raphaël Imbert continue son périple imaginaire et nous emmène plus loin encore, dans les bayous qu’il connaît bien (allez lire son blog), avec un «Po Boy», mi-valse, mi-blues, introduit magnifiquement à la contrebasse par un excellent Joe Martin. Sensible, sensuel, poétique et légèrement mélancolique, ce morceau est une leçon d’équilibre.

Ensuite, avec «Omax at Lomax», Imbert fusionne le cérébral avec le charnel. Improvisations inspirées et communion entre les musiciens, la musique s’ouvre plus encore. Finalement, «Jamin’ With Jamin», qui laisse cette fois une belle place à Gerald Cleaver, clôt un album terriblement jubilatoire, très intelligent et presque trop court.

Un must absolu !

A+

 

Commentaires

Entièrement d'accord avec toi, Jazzques!! Un must absolu, ce cd!!

Écrit par : Jempi Samyn | 28/02/2013

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