29/04/2011

Seb Llado - Avec Deux Ailes

Le tromboniste français, qu’on avait eu l’occasion de voir au Théâtre Marni voici deux ans, vient de sortir un premier album sous son nom: “Avec Deux Ailes”.

Sebastien Llado possède décidément un univers assez particulier: un mélange de poésie et de nonchalance. Et s’il joue du trombone, ainsi que les conques, il manie également l’humour et le second degré avec subtilité. Tout est question d’équilibre chez lui. Il n’a pas peur de traverser les genres sur un fil fragile. Ce disque en est d’ailleurs une preuve et a été enregistré en une seule prise lors d’une seule soirée au Sunset. Llado aurait pu se contenter d’assurer gentiment. Mais à quoi bon? Lui, qui se posait la question de la nécessité d’un enregistrement, préfère se sentir vivre. Et dans la vie de Llado il y a assurément de l’humour, pas mal de poésie, et des tas d’histoires. En les écoutant, on le voit sourire. Sa musique, qui ne se prend pas toujours au sérieux, est très imagée.

chronique, seb llado, leila olivesi, julie saury; bruno schorp

“ASRL “ aurait pu  s’appeler “A Bout de Souffle”, avec ses sirènes et sa course-poursuite imaginaire. “Elan Vers La Lune”,  hésiterait entre “Le Petit Prince” et “The Right Stuff” avec une première partie (une première aile) plutôt contemplative, réfléchie, attentiste presque. L’élan est plein d’appréhension, surtout qu’en plein milieu du morceau, tout s’écroule. Alors, Julie Saury (dm), dans un solo désarticulé, tout en retenue, remet de l’ordre dans les idées de chacun pour finalement donner du courage et embarquer tout le monde vers la “deuxième aile”. Leila Olivesi  (p) use d’un clavier midi, imitant presque le générique de ces vieilles séries SF américaines ou… Des Cochons Dans l’Espace.

Imagination et dérision, on vous dit.

Llado parle autant dans son trombone que dans ses coquillages. Les citations se succèdent sur “Coquillages et Crustacés”, (“So What” et autres). Et bien sûr, il revisite “La Madrague”, qui devient sous son souffle: “La Magrade”, toujours avec humour mais aussi avec beaucoup de respect. La chanson, immortalisée par Bardot, se fait plus dansante que jamais. Ça groove. Et le groove, Llado adore. Il clôt l’album avec un énergique “Ladies First”, alors qu’il l’avait ouvert avec un “Billie Jean” jubilatoire.

Et puis, il y a Lllado le poète. “Haut Bas Fragile” est une ballade sentimentale qui met en avant Bruno Schorp (b) à l’archet. Les interventions de Leila Olivesi s’intègrent comme autant de moments de fraîcheur cristalline. “Dernières Danses” titube en un mouvement désarticulé et éthylique, telle une  fin de soirée difficile et agréable à la fois, dans laquelle on a du mal à contrôler le monde qui nous entoure… et nous avec. Il y a encore “Cette Valse m’usait” en duo piano trombone, “Tranz Tanz” qui  progresse lentement au gré du Fender ou “L’aube des Girafes” qui galope doucement au son des cloches mi-réveil matin, mi-signal d’aéroport.

“Avec Deux Ailes” est un album qui ne se prend pas toujours au sérieux mais qui rend la vie tellement agréable.

A+

Commentaires

Merci Jazzques pour cet article et ton enthousiasme communicatif sur mon disque !

Écrit par : Sebastien | 02/05/2011

Avec plaisir, Seb.
A bientôt en Belgique?
;-)

Écrit par : jacques | 02/05/2011

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