15/03/2011

Folk Tassignon Quartet au Music Village

Près de deux ans après leur dernier concert en Belgique, Suzanne Folk & Sophie Tassignon Quartet était enfin de retour chez nous… avec quelques petits remaniements. Le violon, qui accompagnait le quartette autrefois, a cédé sa place à la clarinette basse, celle de Lothar Ohlmeier (dont le nom doit dire quelque chose aux amateurs de musiques improvisées et expérimentales puisque Lothar a joué avec Jorrit Dijkstra, Steve Arguelles ou encore Benoît Delbecq), et c’est Andreas Waelti qui tient désormais la contrebasse (Samuel Blaser, Andromeda Mega Express Orchestra, The Notwist).

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Si Sophie Tassignon n’avait plus remis les pieds en Belgique depuis tout ce temps (excepté pour quelques concerts avec les Screaming Bitches), c’est qu’elle mène une carrière musicale plutôt bien remplie à Berlin (Peter Van Huffel Quartet, projets au théâtre, etc.). Quant à Suzanne Folk, elle est revenue, toute souriante, le ventre arrondi par l’arrivée prochaine d’un heureux évènement.

Les voilà donc sur la scène du Music Village, devant un parterre plutôt bien fourni.

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La musique du quartette et toujours aussi hybride, autant inspirée par des rythmes jazz assez flottants, que par la pop ou de vieilles chansons populaires d’avant-guerre.

Les mélodies, très ondulantes ou vagues, font appels parfois à la valse ou au tango ou font références, voulues ou pas, à Brassens («Je m’suis fait tout petit») sur «The Man With A Grin». Tout cela étant transfiguré par le prisme d’un jazz assez contemporain.

Dans «Last Portrait», par exemple, Sophie pousse assez loin l’exercice vocal. Avec son timbre de voix très personnel et inimitable, elle monte très haut et nous donne presque le vertige.

Par moments on décèle une poésie à la Garbarek quand les sons de la clarinette basse se mélangent à ceux du soprano de Suzanne Folk. Elle aussi possède un son assez personnel. Entre brillance et langueur. Son bonheur semble rayonner sur la sensibilité de son jeu.

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Le chaos s’invite parfois, histoire de bousculer un confort fragile. Il faut dire que la plupart des mélodies sont souvent mélancoliques, à l’exception d’une ou deux chansons, comme ce «Stop Me Before» qui possède des petits accents de tarentelle ou encore «You Complete Me» qui démarre sur un rythme dansant, joué aux claves, pour se fondre petit à petit en une tendre ballade amoureuse.

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La contrebasse d’Andreas Waelti est claquante et ferme. Elle provoque un contraste bienvenu à l’onirisme des compositions et des arrangements de Folk ou de Tassignon. Mais l’archet vient contrebalancer ce malin déséquilibre et parfumer l’ensemble d’une fragrance légèrement sombre, presque désuète.

Le mélange est toujours aussi envoûtant et étonnant et donne à ce quartette une singularité hors du commun dont on pourra bientôt profiter sur disque, puisque le groupe entrait en studio quelques jours après ce concert.

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Et puisqu’on parle de disque, je voudrais juste vous conseiller de jeter une oreille sur «Gordon Pym», de Transit Room, le projet d’Andreas Waelti. Les ambiances sont étranges, parfois éthérées, et parfois éthyliques. Un album grisant.

 

A+

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