11/03/2011

Stefan Orins Trio à l'Archiduc

 

Pas trop de monde ce dimanche 20 février en fin d’après-midi à l’Archiduc pour écouter le trio de Stefan Orins.

J’avais lu pas mal de bonnes critiques de ce groupe (ici et , par exemples), entendu quelques extraits sur leur MySpace, et j’étais curieux d’entendre ça en live.

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Stefan Orins Trio fait partie de ce grand collectif du Nord de la France, “Circum”, qui se démène pour promouvoir le jazz et les musiques improvisées. Circum est non seulement un label dynamique où l’on retrouve des groupes qui ont déjà fait parler d’eux en France - tels que Happy House, Circum Grand Orchestra et bien sûr Stefan Orins Trio - mais il n’est pas non plus étranger au festival Muzzix qui se déroule à Lille jusqu’au 11 avril.

Circum, c’est là, juste à la frontière, à moins d’une heure de Bruxelles et on ne le sais que trop peu. Il y a des échanges qui se perdent, je vous le dis…

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Au piano, Stephan Orins, à la contrebasse, Christophe Hache et à la batterie Peter Orins.

La syncope est franche, les changements de rythmes parfois abrupts, les métriques souvent composées et les tempos n’ont pas peur du rubato. Ça démarre sur les chapeaux de roues et l’on se dit que ce sera puissant. Mais le deuxième morceau nous prend à contre-pied. Celui-ci (“Tablea Fyller Sju”?) flirte avec la ballade, laissant poindre une touche d’amertume ou de désolation. La mélodie, en clair-obscur, parfois grave, tend à  se disloquer par instant pour se faire impressionniste ou même tachiste.

Le trio évolue entre deux eaux. D’un côté, il y a un groove très présent, faisant référence au rock ou à la pop, et d’un autre côté il y a l’évocation lyrique, voire romantique, de certains compositeurs classiques nous faisant imaginer de grandes étendues froides et désertiques. Il faut préciser que Stefan et Peter sont suédois d’origine et qu'ils possèdent une sensibilité qu’ils ne peuvent renier.

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Bien que, sur certains morceaux, Stefan Orins se montre plus lyrique, il n’hésite pas à se lâcher dans un phrasé rapide et nerveux. Progressions vives, ostinatos robustes et entêtants avant d’ouvrir sur des silences éloquents. Derrière chaque mélodie qu’il dessine, on y sent toujours poindre un soupçon de mélancolie. Il joue les dissonances, les variations, les pleins et les déliés.

Le pianiste peut s’appuyer sur une rythmique très soudée et complice. Christophe Hache au jeu découpé et profond fait parfois pleurer son archet sur les cordes de sa contrebasse. Peter Orins innerve l’ensemble d’un drumming sec et incisif.

La musique du trio est contrastée. D’un groove aux accents pop et entraînants, on passe à des thèmes plus torturés. Un néo-classicisme s’invite, fait de plages méditatives aux atmosphères brumeuses. Du dépouillement sombre et introverti, on passe au lumineux. Une lumière blanche, fraîche et pure. Bien sûr, on ne peut s’empêcher de rapprocher ce trio d’une esthétique qui oscille entre Bad Plus, Yaron Herman et surtout Esbjörn Svensson.

Le trio semble être à la recherche d’une sorte de pureté des notes, d’une certaine transparence. La musique nous paraît évidente et simple - même si elle ne l’est pas - car elle est riche, très écrite et elle possède toujours ce groove, explicite ou non, qui nous tient en haleine.

De quoi donner envie d’en écouter plus et d’aller jeter une oreille plus attentive juste de l’autre côté de la frontière.


A+

 

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