20/10/2010

Rosario Giuliani Quartet au Sounds

Toujours dans le cadre du Skoda Jazz, c’est, cette fois-ci, Rosario Giuliani qui faisait son retour au Sounds. On l’avait vu au même endroit en 2008, lors du Jazz Marathon, avec une formation différente (Dado Moroni était au piano, Luca Bulgarelli à la contrebasse, Benjamin Henocq aux drums et Flavio Boltro à la trompette). Ce jeudi soir, s’il n’y avait pas de trompettiste et s’il y avait toujours Benjamin Henocq à  la batterie, il y avait par contre, à la basse Darryl Hall et, au piano, le jeune et excellent Roberto Tarenzi.

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Démarrage en trombe sur un «Lennie’s Pennies» explosif. Les notes déferlent en cascade. Giuliani y va à fond, avec une énergie débordante et une technique irréprochable. Il entraîne avec lui Henocq et Hall avant de lancer le pianiste dans un solo excité et excitant. Tarenzi fait preuve de souplesse et de vivacité. Son jeu est inventif, son phrasé est nerveux, clair et découpé. La main gauche fait bouillonner les accords tandis que la droite laisse échapper un discours prolixe.

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Après ce déluge, on calme un peu le jeu pour faire place au lyrisme de «Love Letter». Mais aussitôt, Henoncq entame une improvisation solo tonitruante et inventive pour introduire «74 Miles Away». Ça explose à nouveau dans tous les sens. Ça fonce à toute allure. Le thème suivant abonde dans le même sens: un bop moderne et énergique. Dans le feu de l’action, le groupe démonte et déstructure «How Deep Is The Ocean» avant de le remodeler et de le redessiner à sa façon. Fidèle à sa vision du jazz, Giuliani bouscule les idées tout en s’imprégnant fortement de la tradition. Il y fait rejaillir toute l’énergie, la chaleur et le dynamisme du bop au travers d’un prisme moderne et actuel.

Le deuxième set sera du même acabit, en commençant toutefois par une ballade («Dear Father») que Giuliani joue en s’accompagnant d’une légère ‘reverb’. Cela ajoute un relief subtil à son jeu qui se fait moins âpre pour l’occasion. Mais rapidement, on relance la machine avec «Over Lines». La rythmique galope et tous les plans sont bons pour amorcer les dialogues entre le sax et la batterie ou entre le piano et la basse. Ça trace et ça tourbillonne. On donne un peu de lest pour mieux resserrer ensuite et, finalement, on laisse Darryl Hall exprimer tout son lyrisme sur «The Peacocks» avant de conclure par un thème aux tonalités afro-cubaines.

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Ouf. On souffle. On se sent comme plus léger. Comme si on avait évacué les mauvaises toxines et fait le plein d’énergie. Et le public, relativement nombreux (mais on aurait pu faire mieux), en a bien profité.

Rosario vient de sortir son dernier album chez Dreyfus et tourne un peu partout en Europe et en France (on en parle ici). Il sera à nouveau en Belgique samedi prochain aux côtés de Da Romeo au Théâtre National. Quant à Roberto Tarenzi, on aimerait vraiment le revoir chez nous avec sa propre formation. Quelque chose me dit que ça doit en valoir la peine. À bon entendeur…

 

A+

 

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