16/10/2010

Marc Lelangue - Sounds - Skoda Jazz Festival

 

Assister à un concert de Marc Lelangue est toujours un bonheur. Avec deux soirées de suite (le 1er et le 2 octobre dans le cadre du Skoda Jazz Festival), c’est lui et sa bande qui avaient l’honneur d’ouvrir la saison du Sounds.

m01.jpg

Marc Lelangue, c’est du blues, du naturel, du vrai. Et si son blues est vrai, c’est parce qu’il chante ce qui lui ressemble. Comme il me le dira entre deux sets: « Je ne vais pas chanter des trucs sur la ségrégation car je ne suis pas noir, ni sur le fait que ma femme m’a quitté car je ne suis pas dans le cas… ».

Alors, il construit son répertoire sur des blues qu’il aurait voulu écrire et les choisit surtout en fonction des paroles.

Ça parle de femmes, de gens, de voitures, de rencontres, d’amour, d’alcool… Bref, ça parle de la vie avec dérision, comme le fait Marc tout le temps, même hors de la scène. Et pour que l’on comprenne bien son intention, il n’hésite jamais à resituer le morceau dans son contexte en le commentant avec autant d’humour que d’ironie.

m02.jpg

Ce soir, il a réuni autour de lui Bert Gielen aux keyboards, Michel Moliterno aux drums, Daniel Romeo à la basse et l’excellente harmoniciste Geneviève Dartevelle qui, pour moi, était une sacrée découverte. Elle enflamme de ses solos «Why Are People Like That?» (Muddy Waters) ou «She Caught The Katy» (Taj Mahal) avec une audace incroyable. Le son est brûlant comme une plaque de tôle abandonnée au soleil du sud des Etats-Unis. Mélangé à la voix abîmée de Marc Lelangue, le cocktail est des plus relevés.

m03.jpg

Un peu Cajun parfois, un peu Bluegrass par instants, le groupe se laisse aussi aller à quelques dérives plus funky. Da Romeo (qui nous prépare un concert du tonnerre pour le Festival des Libertés au Théâtre National) ne peut s’empêcher, en fin de concert, de se lâcher totalement sur un solo monstrueux dont il a le secret. Dans le Sounds bien rempli, certains trouvent même un peu de place pour danser. C’est que cette musique a le don de vous faire remuer les fesses. Alors, Marc Lelangue enchaîne avec «She’s Into Something» (Albert Collins), «I’ll Play The Blues For You» (Albert King) ou encore «Send My Body To Bourbon Street» (de son ami Jean-Pierre Froidebise). Ce soir, on n’a oublié personne. Et encore moins le plaisir.

 

A+

Les commentaires sont fermés.