25/08/2010

Jazz à Souillac

Non, je n’étais pas aux Dinant Jazz Nights cette année. Hé oui, je sais, l’affiche était pourtant incroyable : Manu Katché, Joshua Redman, Dee Dee Bridgewater, Jan Garbarek, Philip Catherine, Enrico Pieranaunzi et plein d’autres encore.

Je sais, je sais…

L’année prochaine, le parrain sera Joe Lovano. Ça ne risque pas de faire baisser le niveau…

Je n’étais pas en Belgique mi-juillet, car j’étais en France, en vacances.

Et là où j’étais, il y avait un festival de jazz. (Notez, que j’avais prévu le coup : tant qu’à prendre des vacances, autant aller là où il y a du jazz).


Et me voilà donc à Jazz à Souillac où j’y ai rencontré toute la petite bande du festival, bien sûr, mais aussi Catherine, la pie blésoise.

Au programme, Nguyên Lê, Dee Alexander, Tigran Hamasyan, Stefano Bollani et Enrico Rava.

Vous lirez tout ça en long et en large sur Citizen Jazz bientôt. En attendant, voici déjà un petit aperçu.

souil05.jpg
Je n’ai pas eu l’occasion de voir Nguyên Lê qui donna, d’après les échos, un concert sublime, enchanteur et surprenant.

Mais, j’ai vu Dee Alexander.

J’avais remarqué cette chanteuse sur un album («Blissfull») d’Hamid Drake (qui sera au prochain festival Mons en Jazz !!) et j’avais entendu son album, «Wild Is The Wind», d’un tout autre genre. Plus traditionnel, dirons-nous. Dee Alexander possède une voix sensuelle et chaude et est capable de scatter, et même de produire des sons qui imitent les instruments, avec une agilité vocale assez surprenante.

Souill01.jpg
Ce soir, sur la belle petite Place Pierre Betz de Souillac, la chanteuse est accompagnée par Miguel de la Cerna (p), Youssef Ernie Adams (dm) et Harrison Bankhead, (fidèle contrebassiste du regretté Fred Anderson). C’était un concert en deux temps. Une première partie assez convenue et une seconde - après un morceau éblouissant du contrebassiste en solo - bien plus mordante, plus roots et plus brute aussi. Et, il faut le dire, Dee Alexander est nettement plus convaincante dans ce langage plus soul et gospel.

 

souill05.jpg

Bien sûr, ce n’est pas aussi violent et explosif que le concert de Tigran Hamasyan. Contrairement à son concert Liégeois, Tigran n’y va pas par quatre chemins cette fois-ci. Est-ce à cause du froid qui a envahi soudainement la petite place, ou le fait d’avoir dû attendre longtemps avant de monter sur scène (le concert de Dee Alexander fut assez long), qui pousse le jeune pianiste Arménien à dynamiter, dès les première notes, un concert d’une énergie inouïe? Il s’agite, se lève, plonge dans le piano, le frappe, le griffe, le fait sonner comme un fou. Areni, transie de froid, donne de la voix, plus irréelle que jamais. Ben Wendel (ts, ss) devient flamboyant, Sam Minaie (b, elb) matraque sa basse et Ted Poor (dm) frappe comme un vrai rocker. Le concert est court, intense, incandescent. Grand moment.

Souillac.jpg

Le lendemain, au soleil couchant, Stefano Bollani est seul au piano. On le sent à l’aise dans ce genre d’exercice. Il y a une certaine nonchalance et une telle aisance dans son attitude, que tout ce qu’il fait paraît simple, naturel, évident. Et pourtant, en improvisant pendant plus d’une heure, dans tous les styles (stride, romantique, bop, pop, swing, classique), il invente, réinvente, s’égare, prend des risques et s’amuse toujours. Puis il conclut par son traditionnel medley (une liste de vingt thèmes proposés par le public) et convainc, comme s’il le fallait encore, un auditoire sous le charme.

 

souill04.jpg

C’est à l’élégant Enrico Rava que revient l’honneur de conclure ce festival des plus sympathiques. Avec son «jeune» quartette italien (l’excellent Fabrizio Sferra aux drums, Gabriel Evangelista à la contrebasse et le talentueux Giovanni Guidi au piano), il va nous offrir un merveilleux voyage poétique, plein de swing, de tendresse et d’enfièvrement mêlés. Rava nous souffle des histoires avec douceur ou véhémence. Puis, il laisse parler les silences, écoute ses compagnons, les laisse courir, les rejoint. Rava est un vieux sage aux idées toujours modernes. Un maître.


Il fait doux, il fait nuit. Sur le route du retour, je réécoute les interviews que j’ai faites d’Enrico Rava et de Stefano Bollani. Bientôt, vous pourrez aussi les lire sur Citizen Jazz.


A+

 

Commentaires

Et c'était une bien sympathique rencontre :-) Et un chouette festival !

Écrit par : la pie blésoise | 26/08/2010

on est très touché. A bientôt

Écrit par : gilles | 27/08/2010

Tout est dit. C'est réciproque. :-)

Écrit par : jacques | 28/08/2010

Les commentaires sont fermés.