21/08/2010

Massot, Florizoone, Horbacsewski.

Cinema Novo, sorti chez Home Records, c’est le nom de ce très bel album à la musique magique, poétique et hors du temps du trio Massot, Florizoone, Horbacsewski. Un album riche de sonorités si familières et si étranges à la fois. Un dosage subtil de mélodies, de lyrisme, de légers délires et d'improvisations ciselées. Lors du dernier festival Brosella, j’ai rencontré Tuur Florizoone juste après le concert qu’il donnait avec le trio.

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Comment s’est formé ce trio, comment vous êtes-vous rencontré ?

 

Il y a quatre ans, je pense, j’ai rassemblé mon courage et j’ai appelé Michel Massot, car je voulais monter un groupe avec lui et Laurent Blondiau. Ensemble, nous avons eu l’occasion d’accompagner un film au Café Central, à Bruxelles, et ça s’est très bien passé. Après cela, c’est Michel qui m’a demandé de jouer avec lui et une certaine violoncelliste qui n’était autre que Marine Horbaczewski. On a fait quelques improvisations ensemble et, petit à petit, on s’est constitué un répertoire. Rapidement, le groupe à été demandé pour des concerts avant même qu’il ne soit vraiment formé.

 

Au départ, il s’agissait d’improvisations. Il n’y avait pas vraiment d’objectif précis ?

 

Non, au début on improvisait et puis on s’est rendu compte que certaines petites mélodies fonctionnaient. En général, il s’agit de mélodies très simples. Et finalement, cela marche très bien avec le violoncelle car il y a du « fond ». Bien sûr, à l’accordéon, je peux aller très bas et Michel, au tuba, aussi, mais Marine peut également monter très haut. Il y a donc une association de couleurs très intéressante.

 

Qui écrit les morceaux ?

 

Michel Massot et moi, principalement. On amène chacun des thèmes qu’on travaille ensemble, que l’on enrichit. Et puis, on a beaucoup tourné ensemble, en Belgique, en France et aux Pays-Bas : ça soude.

 

Comment peut-on définir cette musique, quelles en sont les influences? C’est du jazz de chambre ?

 

Je pense que c’est de « la musique », simplement. Mais effectivement, « jazz de chambre », c’est pas mal, comme définition. On joue beaucoup sur l’acoustique. Mais avec un petit grain de folie qui nous fait dépasser les frontières. C’est toujours l’éternelle discussion de « quel genre de musique jouez-vous ? ». Je ne sais pas que répondre.

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C’est une musique très imagée. C’est amusant car, comme tu le disais, vous avez démarré en accompagnant un film, même si ce n’était pas le même groupe…

 

C’est imagé, oui, peut-être. C’est aussi dû au fait que Michel écrit de la musique assez rythmée, parfois un peu naïve - dans le bon sens du terme – avec des mélodies à deux ou trois voix. Moi, comme j’ai un instrument harmonique, je vais plutôt dans les couleurs et les modulations. C’est ça l’imagination. Mais nous avons aussi besoin d’un bon son, c’est important. Pour que le public soit à l’aise et nous renvoie quelque chose.

 

Marine compose aussi ?

 

Non, mais on la motive pour qu’elle le fasse.

 

Par contre, elle improvise beaucoup ?

 

Oui, beaucoup. Comme nous tous. Elle possède un instrument extrêmement riche. J’en suis presque jaloux. À l’accordéon, tu peux jouer quelques notes, tu peux en jouer deux, ou parfois trois, ou choisir un accord, ou faire quelques rythmes, mais la variation des sons chez Marine, ou même chez Michel au tuba ou au trombone, est immense. C’est intéressant de pouvoir aller au-delà des possibilités d’un instrument. De dépasser les clichés aussi.

 

C’est ce que tu essaies de faire avec ton accordéon, tu n’en joues pas de manière classique ou traditionnelle, tu joues avec le souffle, les bruits…

 

J’essaie de compléter ce qui n’est pas là. Parfois il faut mettre un petit tapis, sans prétention, ou alors au contraire être très prétentieux…

 

Pour l’instant, tu tournes dans quel circuit ? Jazz, folk, world… ?

 

C’est très varié. Je viens de terminer une création pour les fêtes de Gand, avec Michel et Marine, auxquels s’ajoutent Sabine Kabongo, Aly Keita, le joueur de balafon, Laurent Blondiau, Chris Joris, Nic Thys et Wendlavim, un batteur burkinabais ainsi qu’une chorale congolaise… En fait c’est une création sur le métissage. On a joué, il y a quelques jours à Gand et c’était très intense. C’est à la fois joyeux et mélancolique. Cela raconte l’histoire de métissage, parfois illégal, à l’époque de la colonisation belge au Congo. Beaucoup d’enfants sont nés de façon illégale. On essaiera de jouer encore après les fêtes de Gand, à Bruxelles ou ailleurs. Plusieurs dates sont déjà prévues pour l’année prochaine.

 

En ce qui concerne le trio, d’autres dates sont prévues également ? De nouvelles compos ? Un autre disque ?

 

Quelques dates sont prévues en septembre. Et puis, oui, on a de nouvelles compos et peut-être que nous enregistrerons fin d’année, je ne sais pas encore précisément.


 

 

A+

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