23/05/2010

Gil Scott-Heron au Cirque Royal

Personne n’espérait plus le revoir un jour sur une scène d’Europe. Et encore moins sur une scène belge.

Miracle. Gil Scott-Heron est venu au Cirque Royal ce 12 mai.

Début d’année, déjà, il y avait eu cette grande nouvelle assez improbable: un nouvel album! Non pas une réédition, ni une compilation, mais bien un  nouvel album. Et quel album! «I’m New Here»: court, intense, moderne, indispensable.


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Ce soir, sur la scène du Cirque Royal, il ne chantera qu’un seul morceau de son dernier opus: «I’ll Take Care Of You». Et en effet, homme de parole, il prendra bien soin de nous.

Casquette vissée sur la tête, pantalon trop court et vieille veste sur une chemise à trois balles: Gil Scott-Heron est de retour.

Sous un tonnerre d’applaudissements, seul au milieu de cette grande scène, Gil nous rassure avec son humour tellement lucide, décalé et légèrement cynique: il est bien vivant.

La voix patinée par la vie et les excès, les mots défilent et renvoient à leurs études les rappeurs dont il est le père. Un mot à propos du volcan islandais qui l’a obligé à annulé quelques concerts, un tackle envers les consultants de tous bords ou les spécialistes en tout genre («Sur CNN, il y a même des spécialistes qui parlent d’évènements qui ne sont encore jamais produits!»), Gil est en forme et heureux d’être là. Et nous aussi !


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Alors, il s’installe, seul derrière son Rhodes, et attaque «Blue Collar». Il nous cloue le bec. Ça n’a pas pris une ride. Puis c’est «Winter In America», toujours autant d’actualité, qui précède «We Almost Lost Detroit» et permet d’accueillir ses vieux copains du  Midnight Band: Glen (Astro) Turner (keyboards et harmonica), Tony Duncanson (perc.) et l’incroyable Carl Cornwell (ts et flûte). Nos gaillards poussent encore un peu plus le curseur vers le blues, la soul et le funk dégraissés jusqu’à l’os. «Work For Peace». Le public frappe des mains puis chante des «Da doo. Da doo» sur «Three Miles Down». Carl Cornwell fait rauquer son ténor. C’est aussi brûlant et intense qu’un Pharoah Sanders. Son solo atteint des sommets. Glen (Astro) Turner passe au-devant de la scène et, à l’harmonica, rend fou le Cirque. «Be Safe, Be Strong, Be Free» se répète à l’infini et Tony Duncanson se déchaîne sur ses congas.


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On souffle un peu avec «I’ll Take Care Of You» avant de se prendre dans le plexus «Did You Hear What They Said?». Gil commente, parle, amuse, fait réfléchir. Et l’intensité remonte à nouveau, Gil lâche ses amis pour que chacun y aille d’un solo plus fiévreux l’un que l’autre. «The Other Side» gonfle en un chant obstiné et martelé. Le climax est à son paroxysme.

Et puis, on l’attend, on la devine, on la flaire… L’intro à la flûte l’annonce: «The Bottle» explose finalement. Délire. Gil Scott-Heron et ses copains font durer le plaisir, s’amusent et rajeunissent. «The Bottle» est toujours aussi pleine de funk et de groove. À jamais indémodable.

La salle est debout.


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Un dernier morceau en rappel. Gil Scott-Heron est plus vivant que jamais!

You were not able to stay home, brother… Mais vous pourrez vous rattraper lors du prochain Gent Jazz Festival où Gil Scott-Heron y est programmé le 17 juillet! Ne ratez surtout pas ça.

 

 

 

A+

 

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