05/05/2010

Chrystel Wautier - Peace Of Time - Sounds

Chrystel Wautier était au Sounds samedi 10 avril. Ambiance décontractée, rires, sourires… Normal, avec elle, on est entre amis. Chrystel a le don de mettre à l’aise son public et ses musiciens. C’est dans son caractère, dans sa nature. Si elle chante, c’est sans aucun doute pour respirer, pour prendre du bon temps et pour partager. Parmi les chanteuses, elle a trouvé sa place. Elle n’est pas du genre insipide, pas du genre tourmenté non plus. C’est plutôt du genre ensoleillé, spontané, avec ce petit «je ne sais quoi» qui la différencie des autres.

Ce soir, elle présentait son dernier album «Peace Of Time» (c’est sorti sur MuseBoosting et en vente, entre autres, sur le site du label).

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Il y a trois ans, il y avait eu «Between Us…», avec Sam Gerstmans à la contrebasse (remplacé depuis par Boris Schmidt) et Quentin Liégeois - déjà - à la guitare. Un album qui augurait de belles choses à venir. Puis, ceux qui ne la connaissaient pas trop bien l’ont certainement vu s’épanouir au sein du Radoni’s Tribe. Chrystel Wautier a pris de l’assurance et sa voix s’est affirmée.

La voilà rayonnante sur scène. Simplement. Elle est là pour chanter et perpétuer une certaine tradition du jazz vocal, avec une pointe de modernisme, un peu dans l’esprit de ce que fait Roberta Gambarini (même si la comparaison avec cette sublime chanteuse est impossible). Alors, Chrystel enfile les «But Beautiful», «East Of The Sun», qu’elle introduit en sifflant avec une facilité déconcertante, «You Drive Me Crazy», «Old Devil Moon»…

Derrière elle, la rythmique est solide. Boris Schmidt excelle dans un jeu foisonnant et simple à la fois. Sans batterie pour lui donner un coup de main, Boris abat un boulot de fou. Quentin Liégeois maîtrise son jeu avec finesse. On retrouve chez lui une souplesse toute latine rehaussée de fulgurances à la Philip Catherine. «Devil May Care» est emmené à un train d’enfer. Contrebasse et guitare s’amusent et Chrystel scatte.

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Break. Deuxième set.

Et hop, voilà deux couleurs de plus à l’arc-en-ciel : Ben Sluijs (as et flûte) et Cédric Raymond (p) ont rejoint le trio. Cédric Raymond distille par petites touches un jeu brillant, subtil et fin. Ses interventions sont souvent intelligentes et se fondent avec discrétion dans les histoires. Ben Sluijs est absolument époustouflant. Il faut l’entendre entrer dans ses solos, l’entendre les développer, l’entendre préparer le terrain pour le soliste suivant. Que ce soit à l’alto ou à la flûte, comme sur le merveilleux «Hope», c’est brillantissime. Avec ce trio devenu quintette, «Just A Gigolo» se fait tendre et touchant comme jamais, et contraste avec un joyeux et virevoltant «Day In Day Out» qui clôt le concert (je vous conseille d’ailleurs d’écouter ce morceau sur l’album, avec des arrangements superbes et des chœurs comme on n’en avaient plus entendu depuis des décennies: un délice).

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Pour le bis, Chrystel annonce qu’elle n’a plus de voix et qu’elle est un peu fatiguée… et se lance tête baissée et avec bonheur dans un «Twisted» énergique !!!! Si ça, ce n’est pas avoir du tempérament !

Si vous allez du côté de Liège ce samedi, allez l’écouter au Festival Jazz à Liège.

 

A+

 

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