25/04/2010

Toine Thys Hammond Trio - Jazz Station

L’orgue Hammond est-il de nouveau à la mode? Ou est-ce moi qui n’ai pas bien suivi le mouvement? Bien sûr, l’instrument n’a jamais vraiment disparu. Il suffit de prendre pour exemples les Charlier & Sourisse, Emmanuel Bex, Larry Goldings, Gary Versace, Joey De Francesco, Barbara Dennerlein, Dr. Lonnie Smith ou encore Rhoda Scott ou John Medeski

…Ok, c’est vrai, la liste peut être longue.

Mais ces derniers temps, j’ai l’impression que le Hammond revient plus encore au-devant de la scène… Chez nous, par exemple, coup sur coup il y a eu The Groove Things (Nic Thys, Lieven Venken, Nicolas Kummert et Jef Neve), Matthieu Marthouret et maintenant Toine Thys Hammond Trio. À vrai dire, tout cela n’est pas pour me déplaire, surtout que chacun de ces groupes propose une vision bien personnelle de l’instrument.

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Le trio de Toine Thys existe depuis pas mal de temps déjà. Aux alentours de 2005, le saxophoniste rencontre l’organiste hollandais, Arno Krijger, lors d’un gig avec Joost Van Schaik (dm). La sauce prend rapidement, les rencontres se renouvèlent et l’envie d’aller plus loin se concrétise. Le trio est d’ailleurs entré en studio récemment et sortira un CD dans le courant du mois d’octobre.

Ce soir (31 mars), ils étaient à la Jazz Station. Un peu fatigués: la courte tournée ne fut pas de tout repos et la journée avait été longue (une séance photos du côté de Dinant pour illustrer le futur album ne les avait pas ménagés).

Entre compositions originales et standards solidement revisités (un «Body And Soul» très sensuel et un «All The Things You Are» presque méconnaissable mais extraordinaire), le trio de Toine Thys a quand même tendance à cultiver le terrain de la tradition.

Arno Krijger est l’un des rares organistes à jouer les lignes de basse avec le pied. Cela lui permet d’avoir une belle fluidité dans son jeu aux claviers, ainsi que de se libérer dans des impros souvent groovy. Du coup, ses mélodies s’enchevêtrent joliment à celles de Toine, et donne de l’épaisseur au groupe.  

Dans «Fish It», on retrouve la patte de Toine (pour qui connaît un peu ses compositions): c’est ensoleillé, légèrement traînant et habilement swinguant. On est un peu soul/blues sur «Bloody Mary», négligemment bossa sur «The Other» ou mélancolique sur «Hermione» et Toine Thys alterne ténor et soprano. Mais quand il empoigne la clarinette basse sur «Lazy Afternoon», on bascule dans un tout autre monde, plus onirique et plus sensuel encore. La voix grave et fragile se mêle délicatement avec celle, en contrepoint, de l’orgue, tandis que Van Schaik frôle la peau de ses tambours avec les balais. Dans le même ordre d'idée, «Twin Lotus» nous embarque dans un pays mystérieux. La clarinette basse psalmodie, l’orgue fait éclater quelques notes brillantes, évoquant les ricochets sur l’eau, et la batterie roule doucement en imitant de gros cailloux qui s’affaissent mollement.

Certes, on les sentait un peu fatigués ce soir, mais l’on devine très bien le potentiel explosif d’une telle formation (leur version de «All Or Nothing At All» nous le prouve). On attend donc avec impatience les prochains concerts et l’on prend déjà rendez-vous pour fêter la sortie de l’album en octobre.  

 

A+

 

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