08/04/2010

Free Desmyter Quartet - Jazz Station

Ça s’appelle «Opening», et c’est un long morceau assez ouvert aux improvisations, qui débute le concert de Free Desmyter ce samedi 25 à la Jazz Station.

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Ça faisait très longtemps que le quartette n’avait plus joué ensemble (juillet 2009 au Brosella?) mais les automatismes, et surtout la connivence, reviennent vite.

Contrairement à ce que Free Desmyter annonce, ce premier morceau ne figure pas sur l’album «Something To Share» (chez De Werf) dont je vous recommande toujours l’écoute. John Ruocco, fantastique saxophoniste, prend chorus sur chorus. Plus inventifs les uns que les autres. Free Desmyter amasse ensuite les notes au piano. Avec les deux mains proches l’une de l’autre, il fait gronder l’instrument. La musique est intense. Manolo Cabras passe d’un walking musclé à des déstructurations tranchantes. Marek Patrman poursuit dans le même ordre d’idées. Son jeu est tout en découpe, en rubato, en décalage.

Non, vraiment, le quartette n’a rien perdu de sa vigueur.

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Après un second thème au début plus intimiste (une clarinette brillante et un piano raffiné), on repart dans un maelström de tensions. On alterne les moments touffus avec des moments de grands dépouillements. On joue à fond les contrastes, mais on n’oublie pas de revenir de temps en temps vers des mélodies plus mélancoliques par l’entremise d’un Ruocco très aérien et volubile sur «Elegy», par exemple. Au ténor, ensuite, John Ruocco entame un dialogue étincelant avec Marek Patrman. Les deux musiciens, sous le regard amusé de Desmyter et sous le feu roulant de la basse de Manolo Cabras, ne se fixent aucune limite. C’en est tellement intense que le batteur en oublie presque de s’arrêter.

Vraiment, ce groupe à encore pas mal de potentiel en réserve.

«Judge The Judge» débute sur trois notes empruntées à Monk («Rhythm-A-Ning»)  avant de s’en échapper totalement. Comme si Monk avait montré le chemin. Au quartette d’inventer le reste de l’histoire. Et nos quatre amis ont assez d’imagination pour ça. Esprit modal, motifs répétitifs, dédoublement du tempo, fluidité des improvisations ou solo de batterie tonitruant, le groupe s’amuse.

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Une ballade pour finir («Ballad For One Peaceful World»), qui permet d’entendre et d’apprécier toute la dextérité du pianiste ainsi qu’un solo tendre et inventif de Manolo Cabras, avant un «Think» puissant en rappel.

Ce quartette a des choses à dire. Ne reste plus qu’à le laisser s’exprimer. 

 

A+

 

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