06/04/2010

Collapse

Oui, oui, oui !!!

Ha oui, voilà le genre de musique qui me fait du bien !

Collapse vient de sortir son premier album chez Igloo. Collapse, je les avais remarqué lors du concours jeune talents au Jazz Marathon 2007. Concours qu’ils avaient d’ailleurs remporté.

 collapse

Entre-temps, je n’ai vu aucun de leurs concerts (Shame on me!). Trois ans plus tard (enfin!) voilà l’album. Et l’on peut dire que c’est une belle réussite. Le groupe a évolué, a mûri, a pris de la consistance.

Dès le premier morceau, le quartette marque son territoire. On se prend «King-Fu» en pleine figure. Comme une grande claque de fraîcheur et d’énergie.

On se dit que si ces jeunes-là ne viennent pas de New York, ils y ont au moins puisé toute la fougue. C’est sûr, on est dans l’univers des William Parker, Fred Anderson ou Ornette Coleman mais aussi peut-être dans celui du trio Tiny Bell de Dave Douglas.

Tout est puissant. Mais d’une puissance saine et contrôlée. Rien ne passe jamais en force.

Il y a de l’adrénaline dans le drumming d’Alain Deval. De la folie dans les grands écarts de Jean-Paul Estiévenart. Le sax alto de Cédric Favresse tangue entre explorations sonores, à la limite de la frénésie, et mélodies sinueuses. La contrebasse de Lieven Van Pee est souvent intrigante, que ce soit à l’archet ou en pizzicatos fermes et robustes. 

Ça remue tout le temps. Le groupe joue les silences et les temps suspendus pour se faire plus explosif dans la minute suivante. On joue avec les intervalles, les tensions et les scansions.

On nous entraîne sur des rythmes aventureux, on joue les déviations subites et les reconstructions vacillantes. Tout est brûlant et excitant. 

«Rain» se développe en un thème ondulant et mystérieux. «Erupcja Duszy» fait des incursions dans les musiques balkaniques. «Bustani» impose un rythme lancinant et dansant qui enfle et se mue en transe.

Collapse ne nous laisse jamais indifférents. Et ils ne nous laissent jamais au bord de la route, non plus. Après d’explosives expérimentations bruitistes, il raccroche les wagons sur des motifs obsédants ou fiévreux. Le dialogue entre Favresse et Estiévenart est jubilatoire. On dirait deux compagnons en virée, et les lignes droites cèdent sous les soubresauts heurtés. Entre post bop audacieux et avant-garde, parfois à la limite du free, la musique est souvent imprévisible. Et ça, c’est bon.

Le groupe était au Pelzer à Liège, la semaine dernière, je n’y étais pas et je le regrette. Alors je propose une nouvelle tournée générale de clubs pour Collapse! Ce jeune groupe est à suivre à la trace.

 

A+

 

Commentaires

Collapse ... enfin digitalisés Merci, Jazzques, pour cette précieuse info. Ayant eu la chance de faire un petit concert avec Cédric il y a plusieurs années, j'avais effectivement découvert Collapse au Brussels Jazz Marathon et en fus enchanté quelle pêche, quelle précision. Enfin, sort le CD que je vais m'empresser de commander et de déguster.
Jazzmicalement,
Luc

Écrit par : Luc Siccard | 08/04/2010

Salut Luc!

Je te souhaite bien du plaisir!
Et bravo pour ton (nouveau) site!
A+

Jacques

Écrit par : jacques | 08/04/2010

Incredible Jazz Jam Et en l'occurrence, merci, Jacques, de l'avoir référencé dans tes pages.

A bientôt,
Luc

Écrit par : Luc Siccard | 09/04/2010

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