21/03/2010

Matthieu Marthouret Quartet au Sounds

Matthieu Marthouret est un jeune organiste originaire de Grenoble qui vit actuellement à Paris. C’est là qu’il a monté son quartette, avec Sandro Zerafa (g), Manu Franchi (dm) et son «vieil» ami David Prez (ts).

Ce vendredi 5 mars, ils étaient tous au Sounds.

Avec un groupe configuré de telle façon, on peut s’attendre à de la Soul bien trempée (style Dr.Lonnie Smith, par exemple). Mais Marthouret suit plutôt une autre voie. Aux accents brûlants et funky, il préfère les compositions plus moelleuses d’un post bop souple et décontracté.

Indéniablement, il y a du swing, mais ici, les tempos sons souvent ralentis, le groove est plus insidieux. On laisse le temps aux mélodies de faire leurs petits bouts de chemin.

Il y a de la douceur et un poil de nonchalance dans cette musique. Une certaine douceur de vivre.

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Après «Playground» (titre éponyme du récent album), aux accents bluesy et fatigués, c’est «Spring Bossa »… une bossa (!) qui met en avant le très joli phrasé de Sandro Zerafa. Il y a chez le guitariste Maltais un mélange de George Benson (première heure), de Jim Hall peut-être, et peut-être aussi de George Harisson dans quelques intonations plus pop. Zafara n’en fait jamais trop. Son jeu est lumineux et ses impros, plutôt brèves, sont souvent destinées à lancer le saxophoniste.

Il faut dire que David Prez a une sacré présence. On l’avait déjà remarqué chez nous en compagnie de Greg Lamy, on l’avait retrouvé ensuite avec Romain Pilon sur un excellent disque paru chez Fresh New Talent (le thème «Anachronisme», est l’un de mes préférés, jetez-y une oreille). Dans le groupe de Marthouret, le ténor trouve une place juste, équilibrée. Souvent en soutien de la guitare et de l’orgue de façon souple, il s’échappe ensuite dans des chorus charpentés et nerveux qui jamais ne partent en vrille. L’harmonie et la mélodie, toujours.

C’est décidément la ligne de conduite du quartette de Marthouret : donner dans le swing et le groove sans aller dans l’excès ni dans l’attendu ou prévisible «soul-jazz». Marthouret adopte sans doute plus les idées d’une certaine scène new-yorkaise actuelle (Trio Fly, Rosenwinkel etc…) que celles d’un «revival» boogaloo.

Ce qui n’empêche pas le groupe de donner de la pêche à certains titres, comme «Tones Stew» par exemple. Manu Franchi, à la batterie, est toujours efficace, précis et tonique. Le deuxième set sera d’ailleurs, dans son ensemble, plus nerveux, plus libéré sans doute, tout en gardant une belle fluidité.

L’album «Playground» (chez MuStReCorD) résume assez bien cette ambiance. Et la présence de l’orgue y est un peu plus présente que ce soir (il faut dire que sur le disque, c’est un Hammond B3).

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Pour être complet, signalons que David Prez, Sandro Zerafa, Robin Nicaise, Amy Gamlen, Romain Pilon et Karl Januska ont fondé le label Paris Jazz Undeground qu’il s’agira de suivre et soutenir. Sur ce label, Prez vient de sortir «New Life» avec Franck Amsallem, Johannes Weidenmueller et Bill Stewart (rien que ça !!) et ça vaut le coup. Release concert au Sunside le 15 mai. Signalons aussi que Sandro Zerafa a sorti, fin 2008, un album avec son groupe White Russian Quintet salué par un «Emoi» Jazz Magazine. Récompense non usurpée à l’écoute de l’album… Sandro est également directeur artistique du Festival Jazz de Malte. Cette année, on y verra Brad Mehldau, Kurt Rosenwinkel, Miguel Zenon ou encore John Scofield… sous le soleil et face à la mer.

 

A+

 

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