13/02/2010

Melanie De Biasio - Jazz Festival Marni Flagey

 

Rendez-vous avec Mélanie De Biasio, samedi 30, pour clore le Jazz Festival Marni Flagey (pour lequel je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de voir tous les concerts qui me faisaient de l’œil…).

Elle a failli ne pas arriver, Mélanie, à cause de la neige qui avait envahi par surprise une grande partie du pays. C’est ce que la chanteuse raconte pendant son concert. Hé oui, chose rare, Mélanie parle à son public! Avec humour et tendresse !

Mais revenons au studio 1 à Flagey.

Ambiance toujours intime, très feutrée et assez sombre, comme pour faire briller les sons de la voix et des instruments. Car il faut le dire et le répéter, il s’agit d’un groupe et pas d’une chanteuse accompagnée d’un groupe. Le son a donc beaucoup d’importance. Et Mélanie a bien l’intention de creuser encore plus dans ce sens.

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Normal donc que Dré Pallemaerts, sans doute l’un des batteurs les plus subtils d’Europe, se sente ici chez lui. Son jeu est d’une justesse et d’une sensualité magnifiques. Il caresse les peaux, effleure les cymbales, souligne d’un claquement sec une intension ou une inflexion. Il crée des ambiances, dessine des climats, colorie certains morceaux de reflets orientaux (à l’aide d’un gong) ou indiens (avec des clochettes).

Entre le piano de Pascal Mohy, aux notes légères, graves ou retenues, et le souffle de la flûte de Mélanie, les passages se font suaves. Le swing est latent, tout en non-dit. Tout en évocation. Pascal Paulus, au clavinet et autres claviers, joue le rôle de la basse disparue volontairement du groupe. Du coup, dans certains morceaux, on y perçoit un écho vintage à la Tangerine Dream ou Grateful Dead (vous voyez, je n’ai pas peur, moi non plus, des grands écarts ni des mélanges). Entre Paulus et Mohy, l’équilibre se fait et chacun y trouve son espace.

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Repliée sur elle-même, toujours aussi concentrée et imprégnée par son discours, Mélanie De Biasio, malaxe la matière sonore. Elle jongle entre le chant et la flûte. Féline, elle bouge comme dans un poème de Baudelaire. Tour à tour, elle évoque l’amour brûlant («I Feel You»), la rage contenue, la sensualité chaude et soul (le très Ellingtonien «Mister Django»), les incertitudes de la vie, les décisions libératrices (un swinguant «I’m Gonna Leave You»). La voix est toujours aussi patinée, légèrement graineuse, finement grave. Irrésistible. Elle revient en rappel avec Pascal Mohy pour un lumineux «Softly As A Morning Sunrise». No comment.

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On a hâte d’entendre ce que cela va donner sur disque. Tout est déjà enregistré. Le groupe travaille sur la production. Aux manettes : Dré Pallemaerts, bien sûr… J’en salive déjà.

 

A+

 

Commentaires

On attend un prochain passage sur Paris de Mélanie !

Écrit par : ptilou | 16/02/2010

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