10/02/2010

Gino Lattuca - Bad Influence

Avant de vous raconter le concert de Mélanie De Biasio à Flagey, de Christophe Astolfi au Sounds et de Fabien Degryse à la Jazz Station, voici un petit texte que j’ai eu plaisir à écrire pour le dernier album de Gino Lattuca: «Bad Influence», sorti chez Igloo.

lattuca

Toujours à la recherche du son juste, celui qui coule avec suavité et élégance, Gino Lattuca a attendu près de 18 ans avant de sortir un nouvel album en tant que leader («My Impression» date déjà de 1992). Ho, bien sûr, pendant tout ce temps, notre trompettiste n’est pas resté inactif, au contraire. Il est bien connu qu’au sein du BJO, on ne se repose pas. Alors, au rythme des rencontres et des nombreux projets, Gino en a profité pour travailler encore et toujours son instrument et confirmer ainsi qu’il était bien l’un des meilleurs trompettistes du royaume.

D’ailleurs, si Philip Catherine l’accompagne du début à la fin de ce disque - et pas qu’en simple invité sur l’un ou l’autre titre - c’est qu’il y de bonnes raisons. Et la qualité de jeu de Gino Lattuca n’y est sans doute pas étrangère. Tout au long de ce «Bad Influence», on décèle d’ailleurs un grand respect mutuel de la part de ces deux grands musiciens. Chacun laisse de l’espace à l’autre pour qu’il s’exprime en toute liberté. Tout est une question de dialogues subtils et généreux. Chaque mélodie en est magnifiée. Il suffit d’écouter comment le quartette se réapproprie certains standards pour comprendre combien cette alchimie est assez unique. Amoureux des ballades swinguantes, Gino Lattuca ne pouvait pas passer à côté d’un «Come Rain Or Come Shine» capricieux et  facétieux, «Along Came Betty» merveilleusement ensoleillé, ou «Theme For Ernie» tendrement sensuel. Chaque fois, la musique est lumineuse et limpide. Le jeu de Gino est précis, sensible et caressant. Toujours, il développe un son d’une extrême justesse et d’une grande finesse.

Soutenu par une rythmique qui se connaît bien - et qui le connaît bien (Bart De Nolf à la contrebasse et Mimi Verderame à la batterie) - l’ensemble est extrêmement soudé et attentif. Et Philip Catherine y est élégamment éblouissant. La virtuosité est toujours, ici, au service de la musique.

Gino Lattuca co-signe également deux titres avec Mimi Verderame («Bad Influence» et un «Espresso» bien serré) alors que Philippe Catherine lui offre un swinguant «Adriano» et Michel Herr un irrésistible «Last Minute Blues».

Il n’y a pas à dire, cet album est un véritable disque d’amis. Un vrai disque de jazz.

Mais alors, quelles sont ces «Bad Influences»? Celles de Freddie Hubbard, Harry James, Woody Shaw?  Celles des rencontres de la vie? Qu’importe, puisqu’elles donnent surtout de bonnes vibrations.

 

A+

 

 

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